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Maladies à prions : formes, symptômes, diagnostic et prise en charge

Les maladies à prions, aussi appelées encéphalopathies spongiformes transmissibles, sont des affections rares et dégénératives du système nerveux, principalement du cerveau. [1] [2] Elles sont progressives, actuellement incurables et mortelles. [2] La maladie de Creutzfeldt-Jakob est la forme humaine la plus connue, mais elle ne représente pas à elle seule toute cette famille de maladies. [1] Les symptômes, l’âge de début et la vitesse d’évolution diffèrent selon la maladie et son origine. [1]

Qu’est-ce qu’un prion ?

La protéine prionique cellulaire est une protéine normalement présente dans l’organisme et particulièrement concentrée dans le cerveau. [1] [2] Dans une maladie à prions, cette protéine adopte une forme anormale, appelée prion, qui résiste à sa dégradation et tend à s’accumuler. [1] [2] La protéine anormale peut transmettre son mauvais repliement à des protéines normales voisines, ce qui entretient la propagation du phénomène dans les cellules nerveuses. [1] [2] À la différence des virus et des bactéries, un prion ne contient pas de matériel génétique. [1] [2] Les lésions peuvent donner au tissu cérébral un aspect microscopique d’éponge, d’où le terme « spongiforme ». [1] [2]

Quelles sont les principales maladies à prions humaines ?

Les trois principales maladies à prions humaines décrites par l’Inserm sont la maladie de Creutzfeldt-Jakob, l’insomnie fatale familiale et le syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker. [1] Plus largement, les maladies à prions peuvent être sporadiques, c’est-à-dire survenir sans cause connue, familiales en raison d’une mutation héréditaire, ou acquises après une exposition à du matériel contaminé. [2] Les formes sporadiques sont les plus fréquentes parmi les maladies à prions humaines. [1] [2] Les formes acquises sont devenues rares et comprennent notamment la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob associée à l’encéphalopathie spongiforme bovine ainsi que certaines transmissions médicales historiques. [1] [2]

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Les maladies à prions associent généralement une détérioration des fonctions intellectuelles à différents signes neurologiques. [1] Dans la maladie de Creutzfeldt-Jakob, le début peut comporter des manifestations peu spécifiques telles qu’une anxiété ou des symptômes dépressifs. [1] Des troubles de la mémoire, de l’orientation ou du langage peuvent ensuite apparaître. [1] Des myoclonies, qui sont des secousses musculaires involontaires, ainsi que des troubles de l’équilibre, de la vision, des tremblements ou des crises épileptiques peuvent s’y associer. [1]

L’insomnie fatale familiale commence habituellement par des troubles du sommeil qui évoluent vers une insomnie majeure, accompagnée de troubles neurovégétatifs. [1] Des troubles des mouvements et une démence apparaissent progressivement dans cette maladie. [1] Le syndrome de Gerstmann-Sträussler-Scheinker débute souvent par des troubles de l’équilibre et de la coordination, puis évolue sur plusieurs années vers une aggravation neurologique et une démence. [1] Ces manifestations ne suffisent pas à reconnaître une maladie à prions, car certaines peuvent également être observées dans d’autres maladies neurologiques. [1]

Comment le diagnostic est-il évalué ?

Le diagnostic est difficile et repose sur une approche multidisciplinaire associant notamment les données cliniques, biologiques, d’imagerie et de neuropathologie. [1] [3] Le profil des symptômes et leur vitesse d’évolution constituent une première partie de cette évaluation. [1] Une ponction lombaire permet d’analyser le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière. [1] La technique RT-QuIC recherche dans ce liquide la capacité de la protéine prion anormale à provoquer l’agrégation d’autres protéines et elle est utilisée pour le diagnostic de la maladie de Creutzfeldt-Jakob sporadique. [1] L’électroencéphalogramme peut montrer des perturbations particulières de l’activité cérébrale. [1] L’IRM peut révéler des anomalies caractéristiques dans certaines régions du cerveau, notamment le cortex et les noyaux gris centraux. [1] Une analyse du gène codant la protéine prion est réalisée lorsqu’une forme génétique est recherchée. [1]

L’ensemble de ces examens peut conduire à un diagnostic de très forte probabilité sans toutefois apporter, à lui seul, une certitude absolue. [1] Selon l’Inserm, seul l’examen du tissu cérébral, le plus souvent réalisé après le décès, permet d’affirmer le diagnostic en montrant les lésions caractéristiques et l’accumulation de la protéine prion anormale. [1] En France, le Réseau national de surveillance des maladies de Creutzfeldt-Jakob rassemble les éléments cliniques, biologiques et pathologiques afin de classer les signalements comme cas confirmés, probables ou possibles. [3]

Quelle est l’évolution de ces maladies ?

Une fois les symptômes apparus, les maladies à prions progressent sans rémission et conduisent au décès. [1] La durée d’évolution varie cependant de quelques mois à plusieurs années selon la forme de la maladie. [1] [2] La forme sporadique de la maladie de Creutzfeldt-Jakob évolue généralement plus rapidement que certaines formes génétiques. [1] Les durées décrites pour chaque sous-type constituent des profils généraux et ne permettent pas de prédire précisément l’évolution d’une personne. [1] [2]

Les maladies à prions sont-elles contagieuses dans la vie courante ?

Les formes acquises de maladies à prions ne se transmettent pas par les contacts ordinaires entre personnes. [2] Aucun cas de transmission par simple contact avec une personne malade n’est rapporté dans la synthèse médicale examinée en mai 2026. [2] Les transmissions humaines documentées ont concerné des circonstances particulières, notamment certaines greffes de tissus, l’administration ancienne d’hormone de croissance d’origine humaine ou l’utilisation d’instruments neurochirurgicaux contaminés. [1] [2] En France, l’hormone de croissance prescrite n’est plus d’origine humaine depuis 1988 et les greffes de dure-mère sont interdites depuis 1994. [1] Les établissements de soins utilisent des procédures spécifiques pour prévenir la transmission par les tissus ou les instruments susceptibles d’être contaminés. [1] [2]

Quel traitement et quel accompagnement sont possibles ?

À la date de la synthèse médicale révisée en mai 2026, aucun traitement ne permet de guérir une maladie à prions ou d’en modifier le cours. [2] La prise en charge vise donc à soulager ou limiter les symptômes et à assurer le confort de la personne malade. [1] [2] Un accompagnement médico-social et psychologique peut être proposé au malade et à sa famille. [1] Des soins palliatifs sont recommandés afin d’adapter les soins au confort et aux besoins de la personne au cours de l’évolution. [2] Lorsqu’une forme héréditaire est identifiée, les membres de la famille peuvent bénéficier d’un conseil génétique. [2]

Que peut-on faire pour prévenir les formes acquises ?

Il ne faut pas consommer la viande d’un animal connu ou suspecté d’être atteint d’une maladie à prions. [2] Après la crise de l’encéphalopathie spongiforme bovine, des mesures ont été mises en place pour surveiller les élevages, dépister la maladie et retirer à l’abattoir les tissus considérés comme à risque. [1] La prévention en milieu de soins repose sur la décontamination adaptée des instruments et sur la protection des professionnels qui manipulent des tissus ou du matériel contaminés. [1] [2]

Sources et références

[3] Comités d'appui thématique | Santé publique France

Santé publique France · Consulté le 2026-09-12

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