Maladie de Scheuermann : signes, diagnostic, traitements et suivi

Trouver un professionnel
Radiographie du dos par ville
La maladie de Scheuermann, aussi appelée cyphose de Scheuermann, est une affection de la croissance du rachis qui provoque une courbure excessive et structurelle du dos. [1] [2] Elle apparaît habituellement à l’adolescence et touche les corps vertébraux ainsi que les disques intervertébraux. [1] [2] Elle peut se manifester par un haut du dos arrondi, une posture voûtée et une douleur dorsale, mais son diagnostic ne repose pas sur l’apparence seule. [1] [2]
Une cyphose structurelle différente d’une simple mauvaise posture
La cyphose correspond à la courbure naturelle du rachis thoracique vers l’arrière, mais cette courbure devient anormalement accentuée dans la maladie de Scheuermann. [1] [2] La déformation est dite structurelle parce que plusieurs vertèbres prennent une forme cunéiforme, avec une partie antérieure moins haute que leur partie postérieure. [1] [2] Cette modification vertébrale distingue la maladie de Scheuermann d’une cyphose posturale souple, qui se corrige davantage lorsque la personne redresse le dos. [2] La courbure de Scheuermann est au contraire rigide, reste visible lors de l’extension du rachis et devient souvent plus marquée lorsque la personne se penche en avant. [2]
La forme classique concerne principalement le rachis thoracique, tandis qu’une autre forme intéresse les régions thoracique et lombaire. [2] La déformation est surtout cyphotique, mais une composante scoliotique peut parfois lui être associée. [1] [2]
Quels sont les signes possibles ?
Le premier signe remarqué est souvent une posture aux épaules arrondies ou un aspect voûté du haut du dos. [1] [2] Cette modification peut être observée par l’adolescent, sa famille ou à l’occasion d’un examen de dépistage d’une déformation du rachis. [1] [2] Une douleur localisée dans la région de la courbure peut également être présente. [1] [2] Cette douleur est souvent modérée ou d’installation progressive, augmente avec l’activité et s’améliore au repos. [2] Une raideur des muscles situés à l’arrière des cuisses, une accentuation de la courbure lombaire ou cervicale et une scoliose peuvent accompagner la cyphose. [2]
Pourquoi la maladie apparaît-elle ?
La cause exacte et les mécanismes de la maladie de Scheuermann restent incertains. [1] [2] Une anomalie de la minéralisation et de l’ossification des plateaux vertébraux pendant la croissance fait partie des mécanismes proposés. [2] Une composante héréditaire est également envisagée, car certains cas sont familiaux et des études de jumeaux soutiennent une contribution génétique. [1] [2] Le mode de transmission demeure toutefois mal défini, si bien qu’un antécédent familial ne permet pas à lui seul de prévoir qui développera la maladie. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
L’évaluation associe l’histoire des symptômes, un examen physique du rachis et des radiographies de face et de profil. [2] L’examen recherche notamment le caractère rigide de la courbure, son accentuation lors de la flexion en avant et d’éventuelles anomalies associées. [2] La radiographie de profil met en évidence le tassement cunéiforme antérieur d’au moins 5 degrés sur trois corps vertébraux consécutifs ou davantage. [1] [2] Elle permet aussi de mesurer la cyphose et peut montrer des plateaux vertébraux irréguliers, une diminution de hauteur des disques ou des nodules de Schmorl. [1] [2] Une IRM n’est pas nécessaire de façon systématique, mais elle peut préciser certaines modifications anatomiques ou contribuer à la préparation d’une intervention. [2] Dans les présentations atypiques, des examens complémentaires peuvent servir à rechercher une autre maladie osseuse ou rachidienne. [1]
Quels sont les principes du traitement ?
La prise en charge dépend de l’importance de la courbure, de son évolution, de la douleur, du retentissement fonctionnel et de la maturité osseuse. [2] La plupart des patients relèvent d’abord de mesures non chirurgicales et présentent une évolution favorable. [2] Dans les formes légères et non progressives, limiter les sports à fort impact, le port de charges lourdes et les activités physiques intenses peut réduire la douleur et aider à prévenir l’aggravation de la déformation. [1] Des exercices d’étirement, un renforcement orienté vers l’extension et une prise en charge en kinésithérapie peuvent faire partie du traitement conservateur. [2]
Un corset peut être proposé lorsque la cyphose est plus importante, en particulier tant que la croissance osseuse n’est pas terminée. [1] [2] Le corset vise surtout à limiter la progression et ne corrige pas nécessairement une courbure déjà installée. [2] La chirurgie reste rare et concerne principalement les formes très marquées ou progressives ainsi que certaines douleurs sévères qui persistent malgré le traitement non chirurgical. [1] [2] Elle a pour objectif de stabiliser le rachis et de corriger une partie de la déformation, mais elle expose à des complications opératoires et postopératoires. [1] [2]
Évolution et conséquences possibles
L’évolution est souvent prolongée sur plusieurs années, mais sa durée et sa sévérité varient d’une personne à l’autre. [1] Une courbure résiduelle peu importante peut persister lorsque la maladie n’évolue plus. [1] La douleur tend souvent à s’améliorer après la fin de la croissance osseuse, même si le risque de douleurs dorsales chroniques reste plus élevé que dans la population générale. [2] Les complications possibles comprennent une aggravation visible de la déformation, des douleurs persistantes et, après une intervention, des complications propres à la chirurgie rachidienne. [2]
Suivi et limitation de la progression
Le suivi évalue la douleur, le retentissement dans les activités, la mobilité du rachis et l’évolution de la déformation. [2] L’examen de la mobilité porte notamment sur la flexion, l’extension, les inclinaisons latérales et les rotations. [2] Des radiographies successives peuvent être utilisées pour surveiller le degré de cyphose et rechercher une progression. [2] Cette surveillance contribue à déterminer si les mesures conservatrices restent adaptées ou si une autre option doit être envisagée. [2] Comme la cause exacte demeure inconnue, les mesures décrites visent surtout à limiter la progression et les conséquences de la maladie plutôt qu’à agir sur une cause identifiée. [1] [2]
Quand demander un avis médical ?
Une courbure persistante du dos, une posture arrondie qui ne se corrige pas au redressement ou une douleur localisée chez un adolescent justifient une évaluation médicale. [2] Un avis spécialisé peut être indiqué lorsque la déformation progresse ou ne répond pas au traitement non chirurgical. [2] L’examen clinique et les radiographies sont nécessaires pour distinguer une maladie de Scheuermann d’une déformation posturale ou d’une autre cause de cyphose. [1] [2]
Sources et références
[1] Maladie de Scheuermann - Pédiatrie - Édition professionnelle du Manuel MSD
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Scheuermann Disease - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
La téléconsultation peut être envisagée selon votre situation
- Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée
- Peut être remboursée selon conditions *
* Dans le cadre du parcours de soins coordonné. Un médecin évaluera si la téléconsultation est adaptée à votre situation.
Téléconsultation : préparer votre rendez-vous
Une consultation à distance peut être envisagée avec votre médecin. Il détermine si elle convient à votre situation ou si un examen en présence est nécessaire.
Avant le rendez-vous
- Notez le motif de consultation, les symptômes et leur durée.
- Préparez la liste de vos traitements, vos allergies connues et les comptes rendus ou résultats déjà disponibles.
- Installez-vous dans un endroit calme et confidentiel, avec une connexion et un appareil permettant la vidéo.
Organiser la suite
Contactez votre médecin habituel ou le professionnel qui vous suit pour organiser la consultation. Selon votre situation, une consultation en présence pourra être nécessaire.
En cas d’urgence médicale, appelez le 15 ou le 112 ; n’attendez pas une téléconsultation.
Informations pratiques : Assurance Maladie — téléconsultation · Service Public — numéros d’urgence.