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Index de pression systolique cheville-bras : mesure, résultats et limites

L’index de pression systolique cheville-bras, aussi appelé IPS ou index cheville-bras, est un examen non invasif qui évalue l’état de la circulation artérielle. [1] Il correspond au rapport entre la pression artérielle systolique mesurée à la cheville et celle mesurée au bras. [1] Une valeur basse peut révéler un rétrécissement des artères des membres inférieurs, tandis qu’une valeur très élevée peut traduire des artères anormalement rigides et difficiles à comprimer. [1]

À quoi sert l’index cheville-bras ?

L’IPS est notamment utilisé pour rechercher une artériopathie périphérique, c’est-à-dire une diminution de la circulation artérielle dans les membres. [1] [3] Il peut contribuer au dépistage, au diagnostic, à l’évaluation du pronostic et à l’orientation des examens complémentaires. [1] Son utilisation a également été étudiée dans des situations particulières telles que les plaies, l’ischémie sévère d’un membre, certains traumatismes ou le suivi après une revascularisation. [1]

Une douleur de jambe à l’effort ne suffit toutefois pas à conclure à une maladie artérielle, car d’autres affections peuvent produire des symptômes comparables. [1] L’IPS apporte donc une information objective, mais son résultat doit être rapproché des symptômes, de l’examen clinique et du contexte médical. [1] [3]

Comment se préparer à la mesure ?

La mesure est habituellement réalisée après une période de repos, dont la durée varie selon les protocoles décrits. [1] Le patient est allongé sur le dos, dans un environnement calme, avec les membres soutenus afin de limiter les mouvements et de favoriser le relâchement. [1] La position est importante, car une mesure réalisée en position assise peut augmenter artificiellement la valeur de l’index. [1] La nicotine doit être évitée avant l’examen, car le tabagisme peut modifier la pression mesurée à la cheville et entraîner une valeur artificiellement élevée. [1] Les plaies présentes sur les membres doivent être couvertes afin de réduire le risque de contamination de la plaie ou du matériel. [1]

Comment se déroule l’examen ?

Un brassard de pression artérielle est placé successivement autour du bras et au-dessus de la cheville. [1] Avec la méthode manuelle, le professionnel repère le flux sanguin au niveau de l’artère brachiale du bras et des artères dorsale du pied ou tibiale postérieure à la cheville, généralement à l’aide d’un Doppler. [1] Le brassard est gonflé puis dégonflé progressivement afin de relever la pression systolique à chaque site. [1] L’index est ensuite calculé en divisant la pression systolique retenue à la cheville par la pression systolique retenue au bras. [1]

Des appareils automatisés peuvent aussi être employés, mais ils peuvent avoir des difficultés à mesurer les pressions très basses. [1] La méthode automatisée peut également être moins précise, car le signal qu’elle détecte peut correspondre davantage à la pression artérielle moyenne qu’à la pression systolique. [1]

Quelles valeurs sont considérées comme normales ou anormales ?

Les repères présentés dans la synthèse clinique consultée situent généralement la valeur normale entre 0,9 et 1,4. [1] Une valeur inférieure à 0,9 est considérée comme basse et évoque un rétrécissement artériel. [1] Une méta-analyse a évalué le seuil inférieur ou égal à 0,90 et conclu qu’il pouvait être utile pour identifier une artériopathie périphérique comportant une sténose importante. [3] Une valeur supérieure à 1,4 évoque plutôt une rigidité des vaisseaux, qui peut rendre leur compression difficile. [1] Dans certains cas, les artères ne peuvent pas être comprimées suffisamment pour obtenir une mesure interprétable. [1]

Ces seuils ne doivent pas être interprétés isolément, car le mode de calcul retenu peut légèrement modifier la limite définissant une valeur anormale. [1] Chez le nourrisson, les valeurs sont naturellement plus basses que chez l’adulte au début de la vie et atteignent les valeurs habituelles après l’âge de 12 mois. [1]

Quelle est la fiabilité de l’IPS ?

L’IPS est utile, mais il ne repère pas toutes les artériopathies périphériques et ne suffit pas toujours à confirmer ou à exclure le diagnostic. [1] [3] Dans une méta-analyse regroupant quatre études et 569 patients, un seuil inférieur ou égal à 0,90 avait une sensibilité globale de 75 % et une spécificité de 86 % par rapport à l’angiographie. [3] Cela signifie qu’un résultat normal n’écarte pas toutes les atteintes et qu’un résultat anormal doit être interprété dans son contexte plutôt que considéré comme un diagnostic définitif. [3] L’examen paraît mieux détecter les rétrécissements supérieurs à 50 % et les lésions proximales que les lésions situées plus loin dans le membre. [1]

Les résultats peuvent varier selon l’expérience de l’opérateur, le lieu de réalisation et le jour de la mesure. [1] Une réalisation et une interprétation fiables nécessitent donc du personnel formé et une méthode standardisée. [1] Lorsque le résultat ne correspond pas à l’examen clinique, des investigations supplémentaires peuvent être nécessaires. [1]

Que peut signifier un IPS anormal pour la santé ?

Un IPS anormal renseigne non seulement sur la circulation dans les jambes, mais peut aussi signaler un risque cardiovasculaire plus élevé. [1] [2] Des valeurs basses comme des valeurs élevées ont été associées de manière indépendante à la survenue d’événements cardiovasculaires. [1] Une méta-analyse d’études observationnelles prospectives a également associé un IPS inférieur à 0,9 à un risque accru d’accident vasculaire cérébral ultérieur, en particulier ischémique, ainsi qu’à un risque accru de récidive. [2] Ces associations décrivent un risque statistique dans des groupes de patients et ne permettent pas de prédire à elles seules ce qui arrivera à une personne donnée. [2]

Un résultat anormal peut conduire le professionnel à rechercher plus précisément une atteinte artérielle et à prendre en compte le risque cardiovasculaire global. [1] La conduite à tenir dépend cependant des symptômes, de la présence éventuelle d’une plaie ou d’une atteinte tissulaire et des autres résultats de l’évaluation. [1]

Dans quelles situations la mesure demande-t-elle des précautions ?

La compression du membre doit être évitée en cas de thrombose veineuse profonde connue ou suspectée, en raison du risque théorique de déplacement du caillot. [1]

La mesure impose une pression importante sur la jambe et peut être très douloureuse en présence d’une ischémie, d’une fracture, d’un gonflement ou d’une plaie. [1] Ces situations doivent être signalées au professionnel avant la pose et le gonflage du brassard. [1] L’IPS ne doit pas non plus être utilisé seul pour décider du niveau de compression d’un pansement, car les modalités décrites varient selon la valeur obtenue et nécessitent une prise en charge professionnelle. [1]

Sources et références

[1] Ankle Brachial Index - StatPearls - NCBI Bookshelf

www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

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