Colique : distinguer les coliques du nourrisson, néphrétiques et hépatiques

Le mot « colique » peut désigner des situations très différentes : des pleurs excessifs chez un nourrisson, une douleur provoquée par un obstacle urinaire ou une douleur liée à un calcul biliaire. [3] [1] [2] Ces trois tableaux n'ont ni la même population, ni la même localisation, ni la même évaluation médicale. [3] [1] [2] Le terme seul ne permet donc pas de déterminer la cause ni la conduite à tenir, en particulier lorsqu'une douleur ou des pleurs n'ont pas encore été évalués. [3] [1] [2]
Que signifie le mot « colique » ?
Chez le nourrisson par ailleurs en bonne santé, les coliques correspondent à des épisodes intenses et inexpliqués de pleurs et d'agitation. [3] Elles commencent habituellement pendant le premier mois, sont souvent maximales vers six semaines et disparaissent généralement vers trois à quatre mois. [3] Malgré le nom employé, aucune preuve ne montre qu'elles résultent d'un trouble intestinal ou abdominal, et les gaz peuvent être une conséquence de l'air avalé pendant les pleurs. [3]
La colique néphrétique est une douleur aiguë et intense d'un seul côté, dans la région lombaire et abdominale, causée par une augmentation de pression en amont d'un obstacle des voies urinaires. [1] Dans la majorité des cas, cet obstacle est un calcul situé dans les voies urinaires. [1] La colique hépatique est une douleur provoquée par la mise en tension de la vésicule ou des voies biliaires lorsqu'un calcul bloque ou parcourt un canal transportant la bile. [2]
Quels signes permettent de différencier ces situations ?
Les pleurs associés aux coliques du nourrisson sont généralement forts, perçants et prolongés, surviennent souvent au même moment de la journée et alternent avec des périodes pendant lesquelles l'enfant se comporte normalement. [3] Le nourrisson concerné s'alimente et prend habituellement du poids normalement. [3]
Lors d'une colique néphrétique, la douleur apparaît brutalement dans le dos, puis descend vers l'abdomen, l'aine et les organes génitaux du même côté. [1] Elle évolue souvent par épisodes séparés par des accalmies incomplètes, et aucune position ne parvient généralement à la soulager. [1] Des nausées, des vomissements, une envie fréquente ou urgente d'uriner et parfois du sang dans les urines peuvent accompagner la douleur. [1] Une colique néphrétique simple ne s'accompagne pas de fièvre. [1]
La colique hépatique provoque une douleur brutale dans le creux de l'estomac ou sous les côtes à droite, qui peut irradier vers l'épaule droite, l'omoplate et le dos. [2] Cette douleur augmente avec la respiration, devient rapidement constante et peut être accompagnée de nausées ou de vomissements. [2] Une crise non compliquée dure de trente minutes à quelques heures, sans fièvre, puis cesse lorsque le calcul ne bloque plus la voie biliaire. [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
Pour des pleurs évoquant des coliques du nourrisson, le médecin interroge les parents sur leur déroulement, recherche d'autres symptômes et examine l'enfant afin d'écarter une maladie ou une douleur identifiable. [3] Aucun examen complémentaire n'est habituellement nécessaire si l'histoire et l'examen clinique ne montrent aucune anomalie particulière. [3]
En cas de suspicion de colique néphrétique, l'évaluation peut comprendre une bandelette urinaire, un examen cytobactériologique des urines si une infection est suspectée, une analyse sanguine et une imagerie. [1] Le scanner abdominopelvien sans injection peut montrer le calcul et son retentissement sur les voies urinaires et le rein. [1] Chez la femme enceinte, l'échographie abdominopelvienne est l'examen d'imagerie possible décrit par la source. [1]
Après une douleur évocatrice de colique hépatique, le médecin examine l'abdomen et une échographie abdominale est nécessaire pour rechercher les calculs ainsi que l'état de la vésicule et des canaux biliaires. [2] Une prise de sang peut également être demandée pour rechercher un retentissement sur le foie ou le pancréas. [2]
Quels sont les principes de prise en charge ?
Après examen médical et en l'absence de maladie, porter le nourrisson, le bercer doucement, le faire roter, proposer une sucette, l'emmailloter dans une gigoteuse ou utiliser un bruit neutre peut parfois l'apaiser. [3] Il faut éviter de suralimenter le nourrisson pour tenter de faire cesser ses pleurs. [3] Les changements fréquents de lait maternisé sont également à éviter sauf demande d'un médecin, car une intolérance alimentaire est rarement associée aux coliques en l'absence d'autres symptômes. [3]
Le traitement d'une colique néphrétique vise d'abord à soulager la douleur avec des médicaments adaptés à chaque situation et à leurs contre-indications. [1] Les petits calculs peuvent s'évacuer spontanément, tandis qu'un calcul non évacué ou une forme compliquée peut nécessiter un traitement urologique. [1] Une hospitalisation urgente est nécessaire dans les formes graves, notamment en cas de grossesse, de pyélonéphrite aiguë associée ou de rein unique. [1]
Pour une colique hépatique, le médecin peut prescrire des antalgiques ou des antispasmodiques en tenant compte des contre-indications. [4] Après une crise liée à un calcul de la vésicule, une orientation vers un chirurgien digestif peut conduire à proposer l'ablation de la vésicule biliaire. [4] En revanche, un calcul vésiculaire découvert fortuitement et ne provoquant aucun symptôme ne nécessite pas de traitement chirurgical. [4]
Quand faut-il demander une aide médicale rapidement ?
Un nourrisson qui pleure doit être examiné immédiatement par un médecin si les pleurs s'accompagnent de vomissements, surtout verts, sanglants ou projetés, d'une température rectale inférieure à 36,1 °C ou supérieure à 38 °C, d'une gêne respiratoire, d'une léthargie, d'une faible prise de poids, d'ecchymoses ou de selles anormales avec du sang ou du mucus. [3] En l'absence de ces signes, si nourrir, faire roter, changer et câliner l'enfant ne calme pas des pleurs persistants, les parents doivent consulter un médecin afin qu'il détermine le degré d'urgence. [3]
En cas de crise évoquant une colique néphrétique, appelez le 15 ou le 112 si elle s'accompagne de fièvre, de frissons et d'un mauvais état général, si vous n'urinez pas depuis vingt-quatre heures, ou si vous présentez un malaise. [1] Le même appel est indiqué en présence de sang dans les urines ou de vomissements, si la douleur augmente, diffuse, persiste ou reprend après le premier traitement, ainsi qu'en cas de grossesse, d'infection à VIH, d'insuffisance rénale, d'antécédent urinaire, de rein unique ou de transplantation rénale. [1]
Après une crise de colique hépatique, une consultation médicale est indispensable. [2] Une fièvre associée à de violentes douleurs peut traduire une inflammation de la vésicule, tandis qu'une jaunisse peut apparaître lorsqu'un calcul migre dans la voie biliaire principale. [2] La migration d'un calcul peut aussi provoquer une infection grave des voies biliaires ou une pancréatite aiguë. [2]
Quels suivi et risques de récidive faut-il connaître ?
Les coliques du nourrisson disparaissent habituellement spontanément sans effet à long terme, mais les pleurs excessifs peuvent être très éprouvants pour les parents. [3] Un échange avec le médecin peut apporter des stratégies, du réconfort et du soutien aux parents en difficulté. [3]
Les récidives de colique néphrétique sont fréquentes, et l'analyse d'un calcul récupéré après son expulsion peut aider à en déterminer la composition. [1] À distance de la crise, les mesures de prévention et le traitement éventuel doivent être adaptés au type de calcul et aux contre-indications médicales. [1]
Après une colique hépatique liée à un calcul, le risque de nouvelle crise est important en l'absence de traitement. [2] La décision thérapeutique dépend du caractère symptomatique de la lithiase et de la présence éventuelle de complications, plutôt que de la seule découverte d'un calcul. [2] [4]
Sources et références
[1] Colique néphrétique (calcul rénal ou urinaire) | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[2] Lithiase vésiculaire : symptômes (colique hépatique) et diagnostic | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-11
[3] Colique - Santé des enfants - Manuels MSD pour le grand public
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[4] Le traitement de la colique hépatique et de la lithiase vésiculaire | ameli.fr | Assuré
Assurance Maladie · Consulté le 2026-09-12
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