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Aberrations du front d’onde cornéen : définition, mesure et interprétation

Les aberrations du front d’onde cornéen sont des paramètres optiques mesurés ou estimés pour décrire la manière dont la cornée modifie la lumière qui traverse l’œil. [1] [2] Elles ne constituent pas, à elles seules, le nom d’une maladie : elles peuvent notamment être étudiées dans le kératocône ou avant et après une chirurgie réfractive. [1] [2] Leur interprétation dépend donc du contexte clinique, du type d’aberration, de l’appareil utilisé et de la qualité visuelle évaluée en parallèle. [1] [2]

Que mesure l’analyse du front d’onde cornéen ?

L’analyse distingue plusieurs composantes, notamment les aberrations d’ordre inférieur et celles d’ordre supérieur. [2] Parmi les aberrations étudiées figurent le tilt, le tréfoil, la coma et l’aberration sphérique, ainsi qu’une mesure globale des aberrations d’ordre supérieur. [1] [2] La valeur absolue des aberrations d’ordre supérieur peut avoir une influence importante sur la qualité optique. [2] La coma verticale, par exemple, peut produire une déformation de l’image décrite comme une traînée en forme de comète, mais une valeur donnée ne permet pas à elle seule de prévoir ce qu’une personne ressent. [2]

Quels signes peuvent être associés ?

Une aberration mesurée objectivement n’est pas un symptôme et sa relation avec la qualité visuelle ressentie n’est pas toujours directe. [2] Les évaluations subjectives dépendent notamment de la compréhension et de la coopération de la personne, tandis que les mesures objectives cherchent à quantifier la qualité optique avec moins d’influence de ces facteurs. [2] Dans une étude menée après chirurgie réfractive, certaines aberrations cornéennes étaient corrélées à des mesures objectives de qualité visuelle, mais plusieurs de ces corrélations restaient faibles. [2]

Comment ces aberrations sont-elles mesurées ?

Un aberromètre peut mesurer séparément les aberrations totales, cornéennes et intraoculaires et détailler leurs différentes composantes. [2] Certains appareils associent plusieurs fonctions, comme la topographie cornéenne, la kératométrie, la mesure de la pupille, la réfraction et l’analyse du front d’onde. [2] D’autres techniques d’imagerie, telles que celle utilisée par le Pentacam, peuvent estimer les aberrations cornéennes sans les mesurer aussi directement qu’un aberromètre dédié. [1] Le diamètre pupillaire, la correction de l’erreur réfractive pendant l’examen, l’environnement de mesure et le dispositif employé peuvent intervenir dans l’évaluation. [2]

Comment interpréter un résultat ?

Le résultat doit être rapproché de la réfraction, de l’acuité visuelle, de la forme de la cornée et, si nécessaire, d’autres mesures objectives de qualité optique. [1] [2] Une augmentation statistique d’une aberration ne signifie pas automatiquement qu’une dégradation visuelle importante est perceptible par la personne. [1] [2] Dans une étude sur le kératocône progressif, les aberrations d’ordre supérieur de la face antérieure de la cornée, dont la coma, le tréfoil et l’aberration sphérique, n’avaient pas changé significativement six mois après un cross-linking cornéen. [1] Cette étude avait toutefois un effectif limité, un suivi court et utilisait une imagerie qui estime les aberrations, ce qui empêche de généraliser son résultat à toutes les personnes ou à toutes les méthodes de mesure. [1]

Les aberrations peuvent-elles évoluer après une chirurgie ?

Dans une cohorte de personnes opérées pour une myopie modérée à forte, les procédures SMILE et FS-LASIK ont toutes deux été suivies d’une augmentation de plusieurs aberrations cornéennes et d’une baisse initiale de certaines mesures objectives de qualité optique. [2] L’importance et le type des changements différaient entre les deux techniques, et les mesures continuaient à fluctuer malgré une stabilisation globale observée à partir du premier mois. [2] Ces observations ne permettent pas de prédire l’évolution individuelle ni d’appliquer les mêmes conclusions à une cornée non opérée, à une autre maladie cornéenne ou à une autre intervention. [1] [2]

Quelle place dans les soins et le suivi ?

La mesure des aberrations peut compléter l’évaluation de la qualité optique après une chirurgie réfractive, mais elle ne remplace pas l’examen ophtalmologique, la mesure de l’acuité visuelle ou de la réfraction. [2] Dans le kératocône, elle peut être analysée avec la topographie, la courbure et l’épaisseur cornéennes afin de décrire les caractéristiques optiques et structurelles de la cornée. [1] Un résultat isolé ne permet donc ni d’identifier sa cause avec certitude ni de choisir à lui seul un traitement. [1] [2]

Sources et références

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