Depuis plusieurs mois, des tensions d'approvisionnement touchent certains collyres en France. L'ANSM demande désormais aux médecins de mieux hiérarchiser leurs prescriptions selon l'urgence de chaque situation, afin de préserver les stocks disponibles pour les patients qui en ont le plus besoin. Concrètement, votre pharmacien peut vous proposer une alternative ou un ajustement, toujours en lien avec votre prescripteur.
L'essentiel
- L'ANSM signale des tensions d'approvisionnement sur certains collyres et appelle les prescripteurs à adapter leurs ordonnances.
- L'objectif est de réserver les stocks disponibles aux situations où un traitement oculaire est le plus urgent.
- Le pharmacien peut proposer une alternative ou une adaptation, mais toujours en concertation avec le médecin prescripteur.
- Certaines atteintes oculaires (douleur vive, baisse brutale de la vision, œil rouge avec fièvre) imposent une consultation rapide, quelle que soit la disponibilité des produits.
Une tension d'approvisionnement qui touche les collyres
L'ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament) a publié une actualité alertant sur des tensions concernant certains collyres disponibles en France, invitant les prescripteurs à mieux les prescrire pour préserver les stocks.
Pour connaître la liste précise des collyres ou familles de collyres concernés par ces tensions, consultez le bulletin de l'ANSM sur la disponibilité des produits de santé.
La durée prévisible de cette situation n'est pas non plus précisée à ce jour.
Pourquoi votre pharmacien peut adapter votre ordonnance
Face à une tension d'approvisionnement, un pharmacien peut, avec l'accord du médecin prescripteur, proposer une alternative disponible : un autre dosage, une autre présentation, ou parfois une autre molécule ayant un effet comparable.
Cette adaptation n'est jamais improvisée : elle repose sur un échange entre le pharmacien et le prescripteur, et tient compte de votre pathologie oculaire précise.
- Le pharmacien ne remplace pas un traitement urgent par un produit inadapté.
- Il vous informera toujours du changement et de la raison de celui-ci.
- En cas de doute sur l'alternative proposée, vous pouvez demander un avis complémentaire à votre médecin.
Prioriser selon l'urgence clinique : ce que cela signifie
L'ANSM invite les prescripteurs à réserver certains collyres en priorité aux situations les plus urgentes, plutôt qu'à des usages qui peuvent attendre ou bénéficier d'une alternative.
Toutes les atteintes oculaires ne se valent pas en termes d'urgence. Une gêne oculaire légère et transitoire ne se traite pas de la même façon qu'une infection profonde de la cornée ou qu'une poussée de glaucome, qui peuvent nécessiter un traitement sans délai pour éviter des complications.
Consultez le bulletin de l'ANSM pour connaître les critères détaillés retenus pour établir cette priorisation.
Des exemples de situations où un traitement rapide est important
- Une infection oculaire évoluant rapidement, avec douleur ou baisse de vision.
- Une atteinte de la cornée pouvant laisser des séquelles si elle n'est pas traitée à temps.
- Une poussée de pression oculaire nécessitant une prise en charge sans délai.
À l'inverse, une gêne oculaire bénigne et passagère peut, selon les cas, être surveillée quelques jours ou traitée avec une alternative disponible, en accord avec un professionnel de santé.
Ce que cela change concrètement pour les patients
Si votre collyre habituel n'est pas disponible, ne renoncez pas à un traitement et n'improvisez pas de solution seul(e).
- Signalez la rupture à votre pharmacien : il pourra vérifier les alternatives possibles.
- Contactez votre médecin si le collyre concerné traite une pathologie chronique (par exemple un glaucome) : un ajustement doit être discuté avec lui.
- Ne réutilisez pas un ancien flacon entamé ou périmé pour compenser l'absence de produit.
Changer de collyre peut, dans de rares cas, s'accompagner d'une tolérance différente (picotements, rougeur). Si une gêne inhabituelle apparaît après un changement de traitement, parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin.
Quand consulter sans attendre, pénurie ou non
Certains signes oculaires nécessitent un avis médical rapide, indépendamment des tensions d'approvisionnement :
- une douleur oculaire intense ou une baisse brutale de la vision ;
- un œil rouge accompagné de fièvre ou de troubles de l'état général ;
- une sensation de corps étranger persistante après un traumatisme ou le port de lentilles ;
- une aggravation rapide des symptômes malgré un traitement en cours.
Dans ces situations, consultez un médecin ou un ophtalmologiste sans délai plutôt que d'attendre la disponibilité d'un produit précis.
Questions fréquentes
Mon pharmacien peut-il me refuser mon collyre habituel ?
Non, il ne le refuse pas arbitrairement : si votre collyre est en tension d'approvisionnement, il cherchera, en concertation avec votre prescripteur, une alternative adaptée à votre situation.
Que faire si je ne trouve mon collyre dans aucune pharmacie ?
Contactez votre médecin ou votre pharmacien pour envisager une alternative. Ne remplacez jamais un traitement oculaire par un autre produit sans avis professionnel, et ne réutilisez pas un flacon déjà entamé depuis longtemps.
Cette pénurie concerne-t-elle tous les collyres ?
Consultez le bulletin de l'ANSM pour connaître les collyres ou familles de collyres concernés par ces tensions. En cas de doute sur votre traitement, demandez confirmation à votre pharmacien.