Si vous avez déjà eu une mycose vaginale et que vous en reconnaissez les signes, vous pouvez en général la traiter sans ordonnance, avec un ovule ou une crème choisis avec votre pharmacien. Il faut souvent patienter 24 à 48 heures avant d'aller mieux. Une première fois, une grossesse, des pertes qui sentent mauvais ou des récidives fréquentes imposent en revanche de consulter.
L'essentiel
- Sans ordonnance si vous en avez déjà eu une et que vous en reconnaissez les signes : pertes blanches, épaisses, comme du lait caillé, avec des démangeaisons.
- Amélioration souvent en 24 à 48 heures après le début du traitement : pas d'inquiétude si ça ne passe pas tout de suite.
- Première fois ou enceinte : consultez votre médecin, sans vous traiter seule.
- Toujours là après 7 jours : consultez, selon la notice d'une capsule vaginale au clotrimazole.
- Pertes jaunes, vertes ou malodorantes : elles n'évoquent pas une mycose, voyez votre médecin.
- Préservatif : une capsule vaginale au clotrimazole n'est pas compatible avec le latex. Lisez la notice.
Comment savoir s'il s'agit bien d'une mycose ?
Selon l'Assurance Maladie, les mycoses vaginales sont les plus fréquentes des vaginites, c'est-à-dire des inflammations du vagin. Dans la moitié des infections vaginales, il s'agit d'une mycose, due à un champignon, presque toujours *Candida albicans*.
Le signe typique : des pertes blanchâtres, épaisses, qui ressemblent à du lait caillé, avec des démangeaisons. Des sensations de brûlure de la vulve et du vagin peuvent s'y ajouter. Les grandes lèvres sont fréquemment enflées, rouges et douloureuses. Les rapports sexuels peuvent être douloureux, et uriner peut brûler.
D'autres pertes font penser à une autre cause, et le traitement est adapté à la cause :
- des pertes fluides, grisâtres ou jaunâtres et malodorantes évoquent une infection due à une bactérie (voir notre fiche vaginose bactérienne) ;
- des pertes mousseuses et malodorantes évoquent un parasite.
À l'inverse, les sécrétions naturelles varient au cours du cycle, n'ont pas d'odeur désagréable et ne provoquent pas d'irritation.
Plusieurs situations favorisent la mycose : un traitement antibiotique, qui détruit parfois les bonnes bactéries du vagin, la cortisone, le diabète, les sous-vêtements synthétiques, les pantalons trop serrés, ou au contraire trop d'hygiène intime (toilettes trop fréquentes, douches vaginales). Notre fiche candidose vulvovaginale détaille les facteurs favorisants, le diagnostic et l'hygiène intime.
Que peut-on prendre sans ordonnance ?
L'Assurance Maladie l'indique : si vous n'êtes pas enceinte et que vous connaissez déjà les symptômes, vous pouvez vous adresser à votre pharmacien et vous traiter vous-même. Ovules, capsules vaginales, comprimés gynécologiques antifongiques et crèmes adaptées sont vendus en pharmacie, sans ordonnance. Votre pharmacien vous aide à choisir le produit et vous indique la durée du traitement.
Le traitement est local. Les substances utilisées contre la mycose vaginale sont par exemple le sertaconazole, l'éconazole, le miconazole ou le clotrimazole.
Quelques repères pour bien les utiliser :
- l'ovule ou la capsule s'utilise de préférence le soir au coucher ;
- il existe des formes à libération prolongée : une seule application suffit alors le plus souvent ;
- si la vulve est aussi atteinte, la notice d'une capsule vaginale au clotrimazole recommande d'ajouter une crème au clotrimazole à 1 % sur les lésions ;
- cette même notice prévoit une seule capsule, et une deuxième si les symptômes durent au-delà de 3 jours. Au-delà de 7 jours, consultez votre médecin. Ce médicament est réservé à l'adulte.
Rapports, préservatif, tampons : quelles précautions pendant le traitement ?
Les sources officielles ne disent pas tout à fait la même chose sur ce point.
- L'Assurance Maladie conseille, tant que le traitement n'a pas agi, de vous abstenir de relations sexuelles ou d'utiliser un préservatif, pour ne pas contaminer votre partenaire.
- La notice d'une capsule vaginale au clotrimazole, publiée par l'Agence du médicament (ANSM), interdit ce médicament avec un préservatif ou un diaphragme en latex : risque de rupture. Elle demande aussi d'éviter les tampons et les spermicides pendant le traitement, et recommande d'éviter les rapports.
Les deux sources ont donc un point commun : éviter les rapports pendant le traitement. Si vous comptez utiliser un préservatif, vérifiez dans la notice de votre médicament qu'il est compatible avec le latex, ou demandez à votre pharmacien.
Et votre partenaire ? Selon cette même notice, votre médecin pourra aussi traiter votre partenaire sexuel, pour éviter qu'il ne vous recontamine.
Comment éviter que ça revienne ?
Les récidives sont fréquentes avec la mycose vaginale. Pour les limiter, l'Assurance Maladie conseille :
- pas plus d'une ou deux toilettes intimes par jour, sans nettoyer l'intérieur du vagin : évitez les douches vaginales ;
- un savon doux non parfumé, pas d'antiseptique moussant ;
- bien sécher la vulve après chaque toilette ;
- s'essuyer d'avant en arrière après être allée aux toilettes, pour ne pas ramener de germes de l'anus vers le vagin ;
- changer souvent de tampon ou de protection pendant les règles.
Si vous faites des mycoses à répétition, ajoutez : pas de vêtements trop serrés, des sous-vêtements en coton plutôt que synthétiques, et ne restez pas dans un maillot de bain mouillé. Évitez aussi les crèmes contraceptives spermicides si vous avez déjà eu des mycoses.
À partir d'au moins quatre épisodes par an, on parle de vaginite récidivante. Un traitement adapté et plus prolongé est alors nécessaire. Les antifongiques à avaler, plus rares, sont réservés aux mycoses vaginales récidivantes ; dans les autres cas, le traitement local suffit.
Quand consulter ?
Si vous n'êtes pas sûre qu'il s'agisse d'une mycose, ne prenez pas de médicament en automédication et consultez votre médecin.
Dans les jours qui viennent, consultez votre médecin traitant si :
- c'est la première fois que vous avez une vaginite ;
- vos pertes sont malodorantes, jaunes ou vertes ;
- après un traitement en automédication, les symptômes n'ont pas complètement disparu, ou ils sont revenus immédiatement ou peu après la fin du traitement ;
- vous faites des mycoses à répétition ;
- vous êtes suivie pour une maladie chronique, comme le diabète : l'automédication est alors déconseillée.
Dans la journée, consultez votre médecin traitant si :
- vous avez aussi des douleurs au ventre ou des brûlures en urinant (voir notre fiche cystite) ;
- vous êtes enceinte ou pensez l'être : une infection vaginale peut avoir des conséquences pour le bébé, dont un risque d'accouchement prématuré ;
- votre petite fille a des signes d'irritation : ils peuvent venir d'un petit objet introduit dans le vagin, qu'il faut retirer rapidement.
La notice d'une capsule au clotrimazole demande aussi l'avis d'un médecin en cas de fièvre, nausées ou vomissements, de douleurs dans le bas du ventre, au dos ou aux épaules, de pertes qui sentent mauvais ou de saignements vaginaux.
Avant le rendez-vous, évitez de faire votre toilette intime : l'aspect des pertes aide le médecin à poser le diagnostic. Il peut aussi prescrire un prélèvement pour identifier le germe en cause.
Selon l'Assurance Maladie, une vaginite ne relève pas d'un appel d'urgence.