DR NAKOURI-DUHAMEL Ines
dermatologue et vénérologue 21 AVENUE CARNOT75017 Paris 17e arrondissement Conventionné
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Mélanome ».
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Guide médical
Le mélanome est un cancer développé à partir des cellules pigmentaires de la peau. Il peut apparaître sur une peau sans grain de beauté antérieur ou résulter de la transformation d’un nævus. Une lésion nouvelle, différente des autres ou qui évolue doit être examinée, mais son aspect ne permet pas à lui seul de confirmer un cancer.
La règle ABCDE aide à repérer une asymétrie, des bords irréguliers, plusieurs couleurs, un diamètre important ou surtout une évolution. Le principe du « vilain petit canard » attire l’attention sur une lésion différente des autres chez la même personne. Ces outils servent à décider de consulter ; ils ne permettent ni d’exclure un mélanome régulier ou petit ni d’affirmer qu’un nævus atypique est cancéreux.
Un mélanome n’est pas toujours brun ou noir. Il peut être rosé, rougeâtre ou peu pigmenté, se situer sous un ongle, sur une paume, une plante ou une muqueuse. Toute lésion nouvelle qui grossit, change, démange durablement, saigne spontanément ou ne cicatrise pas mérite un examen. L’évolution dans le temps est souvent plus informative qu’une mesure isolée.
Le dermatologue interroge sur l’ancienneté de la lésion, ses changements, les expositions aux ultraviolets et les antécédents personnels ou familiaux. Il examine la lésion au dermoscope puis, autant que possible, l’ensemble de la peau et les aires ganglionnaires. Chez certaines personnes à haut risque, des photographies standardisées ou une vidéodermoscopie aident à comparer dans le temps.
Une application, une photographie envoyée seule ou un score automatique ne remplace pas cet examen. La téléexpertise peut accélérer l’orientation mais ne réalise ni palpation ni analyse tissulaire. Il ne faut pas détruire au laser, brûler ou traiter esthétiquement une lésion suspecte avant diagnostic, car cela peut supprimer les repères nécessaires à l’analyse.
Lorsque la suspicion est suffisante, la lésion est retirée en totalité avec une petite marge, le plus souvent sous anesthésie locale, puis envoyée au laboratoire. Cette exérèse diagnostique permet d’observer les cellules et l’architecture du tissu. Une biopsie partielle peut être choisie dans certaines localisations complexes, mais la stratégie est décidée par le spécialiste.
Le compte rendu anatomopathologique précise le type de mélanome, son épaisseur de Breslow et d’autres caractéristiques utiles au stade. L’épaisseur ne correspond pas au diamètre visible. Si le diagnostic est confirmé, une reprise d’exérèse avec marge de sécurité est souvent proposée ; sa largeur dépend du résultat, pas d’une préférence esthétique ou d’un forfait standard.
Tous les mélanomes ne nécessitent pas scanner, TEP, IRM ou prise de sang. Le bilan dépend de l’épaisseur, de l’ulcération, de l’examen des ganglions, des symptômes et du stade. Pour les formes très précoces sans signe d’extension, la chirurgie et le suivi clinique peuvent suffire. Multiplier l’imagerie n’améliore pas automatiquement la sécurité.
L’exérèse du ganglion sentinelle peut être proposée selon l’épaisseur et les facteurs histologiques afin de préciser le stade. Elle n’est pas un curage complet ni un traitement systématique. La décision doit expliquer objectif, bénéfices, risques et conséquences possibles du résultat. Les dossiers nécessitant un traitement complémentaire sont discutés par une équipe spécialisée.
La chirurgie est le traitement de référence des mélanomes sans métastase à distance. Une thérapie ciblée n’est possible que si la tumeur porte certaines altérations moléculaires, notamment dans la voie BRAF; un test tumoral guide cette indication.
Ces traitements peuvent être proposés après la chirurgie ou pour une maladie non opérable ou métastatique, mais ils ne sont pas nécessaires pour chaque patient. La radiothérapie conserve des indications particulières. Le plan dépend du stade, de la biologie tumorale et de l’état général.
Le suivi est organisé à vie par l’équipe spécialisée, le dermatologue et le médecin traitant. Sa fréquence dépend du stade et du temps depuis le traitement. Il comprend l’examen de toute la peau, de la cicatrice et des ganglions. Une imagerie est ajoutée dans certaines situations ; elle n’est pas systématique pour un mélanome localisé très précoce sans symptôme.
Il ne doit pas devenir une inspection anxieuse quotidienne: demandez au dermatologue la méthode et la fréquence adaptées. Signalez un changement entre deux consultations. Fatigue, anxiété, vie professionnelle et effets des traitements relèvent aussi des soins de support.
L’exposition aux ultraviolets naturels et artificiels est le principal facteur évitable. Recherchez l’ombre, portez vêtements, chapeau et lunettes, utilisez une protection solaire adaptée sur les zones découvertes et renouvelez-la. La crème ne transforme pas une exposition prolongée en situation sûre. Les cabines UV ne préparent pas la peau et augmentent le risque.
La photoprotection concerne toute la vie, y compris après un premier traitement. Les enfants doivent être particulièrement protégés des coups de soleil. Un membre de la famille n’a pas automatiquement besoin d’un dépistage intensif, mais les antécédents familiaux sont à signaler au médecin. Aucun complément alimentaire ne remplace l’examen d’une lésion ni la protection physique.
Une lésion suspecte relève d’abord d’un médecin ou dermatologue capable de l’examiner et d’organiser une exérèse diagnostique. Un centre esthétique, une consultation de surveillance générale et une équipe d’oncologie ne répondent pas à la même étape. Après confirmation, le dermatologue coordonne avec chirurgien, anatomopathologiste et oncologue selon le stade.
Préparez dates ou photographies montrant l’évolution, antécédents, traitements et comptes rendus. Demandez si la lésion sera retirée en totalité, où sera faite l’analyse, quand et par qui le résultat sera expliqué. Une fiche d’annuaire ne prouve pas l’accès rapide à une exérèse ni une expertise en oncologie cutanée : ces éléments doivent être confirmés au lieu choisi.
Non. Beaucoup apparaissent sur une peau auparavant sans nævus identifiable. Une nouvelle lésion peut donc être aussi importante qu’un grain de beauté qui change.
Non. Elle aide à repérer des lésions à faire examiner. Seule l’analyse anatomopathologique d’un prélèvement confirme le diagnostic.
Il mesure l’épaisseur du mélanome dans le tissu et contribue à définir le stade, la reprise chirurgicale et certains examens complémentaires.
Non. L’imagerie dépend du stade et des symptômes. Elle n’est pas systématique dans les formes localisées très précoces.
Non.
Le suivi médical et l’auto-surveillance sont organisés à vie, avec une fréquence adaptée au stade et au temps écoulé.