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Test tuberculinique : déroulement, lecture et limites

Le test tuberculinique, aussi appelé test cutané à la tuberculine, intradermoréaction à la tuberculine ou test de Mantoux, recherche une réaction immunitaire compatible avec une infection par la bactérie responsable de la tuberculose. [1] Il consiste à injecter dans l'épaisseur de la peau une solution standardisée contenant un dérivé protéique purifié de la tuberculine, puis à faire mesurer la réaction locale quelques jours plus tard. [1] Ce test ne suffit pas à lui seul pour diagnostiquer une tuberculose active ni pour déterminer personnellement si un traitement est nécessaire. [1]

Que recherche le test cutané à la tuberculine ?

Chez une personne infectée par des bactéries de la tuberculose, le système immunitaire peut reconnaître les protéines utilisées dans le test et produire une réaction retardée au point d'injection. [1] Après une infection récente, il faut généralement plusieurs semaines pour que cette réponse immunitaire devienne détectable par le test cutané. [1] Un résultat positif indique donc une réaction à la tuberculine, mais une évaluation complémentaire est nécessaire pour rechercher une tuberculose active ou conclure à une infection tuberculeuse latente. [1]

Comment se déroule le test ?

Un professionnel de santé formé injecte la tuberculine dans l'épaisseur de la peau, habituellement sur la face interne de l'avant-bras. [1] Lorsque l'injection intradermique est correctement réalisée, une petite surélévation pâle apparaît immédiatement sur la peau. [1] Une administration incorrecte, notamment une injection trop profonde qui ne forme pas cette surélévation, peut invalider le test et imposer sa répétition selon les procédures du lieu de soins. [1] Le test ne nécessite ni prise de sang ni équipement de laboratoire, mais sa réalisation et son interprétation demandent une technique standardisée et du personnel entraîné. [1]

Quand et comment la réaction est-elle lue ?

La réaction doit être lue par un professionnel formé entre 48 et 72 heures après l'injection. [1] Cette nécessité de revenir pour la lecture explique pourquoi le test cutané demande au moins deux contacts avec le lieu de soins. [1] Lors de la lecture, le professionnel mesure en millimètres l'induration, c'est-à-dire la zone ferme et gonflée perceptible au toucher. [1] La rougeur seule n'est pas la mesure utilisée pour interpréter le test. [1] Une personne qui ne revient pas dans le délai prévu peut devoir recommencer le test. [1]

Pourquoi la mesure ne s'interprète-t-elle pas seule ?

L'interprétation associe la taille de l'induration au risque d'avoir été infecté et au risque de développer une tuberculose en cas d'infection. [1] Une même mesure ne prend donc pas nécessairement le même sens chez toutes les personnes. [1] Les facteurs pris en compte peuvent notamment comprendre un contact récent avec une personne atteinte de tuberculose contagieuse, une immunodépression, l'âge, certaines maladies et une exposition dans un contexte où la tuberculose est plus fréquente. [1] Les seuils chiffrés applicables et le choix du test doivent être interprétés par le professionnel selon le contexte clinique et les recommandations en vigueur. [1]

Quelles sont les causes possibles de résultat faussement positif ?

Un test peut être positif alors que la personne n'est pas infectée par la bactérie de la tuberculose. [1] Une vaccination antérieure par le BCG, une infection par certaines mycobactéries non tuberculeuses ou une erreur de réalisation ou de lecture peuvent provoquer un résultat faussement positif. [1] Il n'existe pas de moyen fiable de distinguer, à partir de la seule réaction cutanée, une réaction liée au BCG d'une réaction due à une véritable infection tuberculeuse. [1] Contrairement au test cutané, les tests sanguins de l'infection tuberculeuse ne deviennent pas positifs en raison du BCG. [1]

Un résultat négatif exclut-il la tuberculose ?

Un résultat négatif n'exclut pas toujours une infection ni une tuberculose active. [1] Un faux négatif peut notamment survenir après une infection récente, chez un très jeune nourrisson ou lorsque le système immunitaire ne peut pas produire une réaction suffisante. [1] Certaines infections ou vaccinations récentes par un vaccin vivant peuvent également perturber la réaction, tout comme une erreur d'administration ou de lecture. [1] Des formes graves de tuberculose et d'autres maladies sévères peuvent elles-mêmes être associées à un test cutané faussement négatif. [1]

Que se passe-t-il après le résultat ?

Un résultat positif conduit à rechercher si la personne présente une tuberculose active. [1] Cette évaluation peut comprendre une radiographie du thorax et des examens bactériologiques d'expectorations. [1] Si une infection tuberculeuse latente est finalement diagnostiquée, un traitement préventif peut être proposé afin de réduire le risque d'évolution vers une tuberculose active. [1] Le choix des examens complémentaires et d'un éventuel traitement ne repose donc pas sur la seule taille de la réaction cutanée. [1]

Si des symptômes font suspecter une tuberculose active, les examens diagnostiques complémentaires ne doivent pas être retardés dans l'attente de la lecture du test cutané. [1]

Dans quelles situations le test demande-t-il des précautions particulières ?

La plupart des personnes peuvent recevoir un test cutané à la tuberculine, y compris les enfants, les femmes enceintes et les personnes vivant avec le VIH. [1] Une réaction sévère lors d'un test antérieur, telle qu'une nécrose, des cloques, une ulcération ou un choc anaphylactique, constitue une contre-indication à un nouveau test cutané. [1] Les tests cutanés répétés peuvent réveiller une sensibilité immunitaire ancienne et produire une réaction amplifiée, appelée phénomène de rappel ou effet booster. [1] Avant le test, il est utile de signaler au professionnel une vaccination par le BCG, une vaccination récente, un résultat tuberculinique antérieur et toute réaction sévère déjà survenue après ce type d'examen. [1]

Sources et références

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