Polyglobulie primitive essentielle : symptômes, diagnostic, traitements et suivi

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Onco-hématologie par ville
La polyglobulie primitive essentielle est une maladie chronique de la moelle osseuse dans laquelle les cellules à l’origine des cellules sanguines se multiplient excessivement. [1] [2] L’augmentation des globules rouges en est la caractéristique principale, mais les globules blancs et les plaquettes peuvent également être produits en excès. [1] [2] L’excès de globules rouges augmente le volume et la viscosité du sang, ce qui favorise notamment les thromboses artérielles ou veineuses. [1] [2] La maladie peut toutefois rester silencieuse pendant plusieurs années et être découverte à l’occasion d’une numération sanguine réalisée pour une autre raison. [1]
Pourquoi les cellules sanguines sont-elles produites en excès ?
La maladie résulte d’une anomalie acquise d’une cellule souche hématopoïétique, c’est-à-dire d’une cellule de la moelle osseuse à l’origine des différentes cellules du sang. [2] Dans la grande majorité des cas, une mutation du gène JAK2 maintient actif un signal qui stimule la production des cellules sanguines. [1] [2] Cette production devient en partie indépendante de l’érythropoïétine, une hormone qui régule normalement la fabrication des globules rouges. [2] La polyglobulie primitive ne doit pas être confondue avec une érythrocytose secondaire, dans laquelle l’augmentation des globules rouges est provoquée par une autre affection ou un autre mécanisme. [1] [3] Une augmentation isolée des globules rouges est d’ailleurs plus souvent liée à une cause secondaire qu’à cette maladie myéloproliférative. [1] [2]
Quels sont les symptômes possibles ?
Les manifestations possibles comprennent une fatigue, une faiblesse, des maux de tête, des étourdissements, un essoufflement et des sueurs nocturnes. [1] [2] Des troubles visuels, tels que des éclairs lumineux, des zones aveugles ou une vision déformée, peuvent également survenir. [1] [2] Un symptôme évocateur est le prurit aquagénique, qui correspond à des démangeaisons déclenchées par l’eau, notamment après un bain ou une douche chaude. [1] [2] Les mains ou les pieds peuvent devenir rouges, chauds et douloureux, avec une sensation de brûlure appelée érythromélalgie. [1] [2] Une augmentation du volume de la rate peut provoquer une sensation de pesanteur ou de satiété précoce dans l’abdomen. [1] [3] Aucun de ces symptômes n’est suffisant à lui seul pour établir le diagnostic, car ils peuvent avoir de nombreuses autres causes. [1] [2]
Quelles complications la maladie peut-elle entraîner ?
Une thrombose peut être la première manifestation de la maladie et toucher presque n’importe quel vaisseau sanguin. [1] [2] Selon sa localisation, elle peut provoquer notamment une thrombose veineuse profonde, une embolie pulmonaire, un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou l’occlusion d’un vaisseau de la rétine. [1] [2] Les thromboses des veines qui drainent le foie, comme le syndrome de Budd-Chiari, font également partie des complications possibles. [1] [2] La maladie peut aussi favoriser des saignements, notamment digestifs ou gingivaux, en particulier lorsque les plaquettes sont très nombreuses et fonctionnent anormalement. [1] [2] Une augmentation du renouvellement cellulaire peut favoriser un excès d’acide urique, avec un risque de goutte ou de calculs urinaires. [1] [2] À long terme, une partie des patients développe une myélofibrose, correspondant à une fibrose progressive de la moelle osseuse, et une transformation en leucémie aiguë est plus rare. [1] [2]
Comment le diagnostic est-il établi ?
La démarche commence généralement par une numération formule sanguine, qui peut montrer une augmentation des globules rouges, de l’hémoglobine ou de l’hématocrite. [1] [2] Les globules blancs et les plaquettes sont souvent augmentés, mais ce n’est pas systématique. [1] [2] Un hématocrite élevé ne suffit pas à confirmer la maladie, car une érythrocytose secondaire ou une variation du volume plasmatique peut produire un résultat comparable. [1] [2] Inversement, l’hématocrite ou l’hémoglobine peuvent parfois rester dans les valeurs habituelles en présence d’une augmentation du volume plasmatique ou d’une carence en fer associée. [2] L’histoire médicale et l’examen clinique servent à rechercher une autre cause d’augmentation des globules rouges ainsi que des manifestations de thrombose, de saignement ou d’augmentation de la rate. [1] [2] Le dosage de l’érythropoïétine peut orienter l’évaluation, car son taux est habituellement bas ou bas-normal dans la polyglobulie primitive, tandis qu’un taux élevé suggère une cause secondaire. [1] [2] La recherche de mutations de JAK2 occupe une place importante dans la confirmation diagnostique, avec la possibilité de rechercher d’autres anomalies moléculaires lorsque le résultat est négatif. [1] [2] Une étude de la moelle osseuse peut montrer une production accrue des différentes lignées sanguines, mais aucun aspect médullaire ne distingue à lui seul cette maladie de toutes les autres causes d’érythrocytose ou des autres maladies myéloprolifératives. [2]
Quels sont les principes du traitement ?
Le traitement vise à contrôler l’excès de cellules sanguines, à soulager les symptômes et à réduire le risque de complications, notamment thrombotiques. [1] [3] La saignée thérapeutique, ou phlébotomie, consiste à retirer du sang selon un procédé comparable à un prélèvement lors d’un don du sang. [1] Son objectif est de diminuer la masse de globules rouges puis de maintenir l’hématocrite dans la cible définie par l’équipe médicale. [1] [2] L’aspirine peut être utilisée dans certaines situations, notamment pour des manifestations microvasculaires telles que l’érythromélalgie, la migraine oculaire ou les accidents ischémiques transitoires. [2] Elle n’est pas adaptée à tous les patients, car certaines anomalies de l’hémostase et certaines situations de saignement constituent des contre-indications ou augmentent le risque hémorragique. [2] L’aspirine ne doit donc pas être commencée de sa propre initiative sur le seul constat d’une polyglobulie. [2] Lorsque les saignées ne contrôlent pas suffisamment la maladie ou que des symptômes ou événements thrombotiques persistent, un traitement agissant sur la production des cellules sanguines peut être envisagé. [1] [2] Les options citées dans les sources comprennent notamment les interférons pégylés et le ruxolitinib, dont le choix dépend du contexte clinique, de la réponse obtenue et de la tolérance. [1] [2] Une greffe de cellules souches n’est envisagée que dans des circonstances particulières, notamment lorsque la maladie s’est compliquée d’une myélofibrose et d’une insuffisance médullaire. [1]
Pourquoi un suivi régulier est-il nécessaire ?
Le suivi repose sur une surveillance clinique et sur des analyses sanguines répétées afin d’évaluer l’excès de cellules sanguines, l’efficacité du traitement et ses éventuels effets indésirables. [1] [3] Les besoins en saignées sont réévalués au cours du temps en fonction de l’hématocrite et de la réponse obtenue. [1] [2] Le suivi recherche aussi l’apparition de thromboses, de saignements, d’une augmentation de la rate ou de signes pouvant évoquer une évolution vers une myélofibrose. [2] [3] La prise en charge implique habituellement un hématologue, en coordination avec les autres professionnels qui suivent les facteurs de risque et les maladies associés. [3] L’arrêt du tabac, l’activité physique adaptée, la maîtrise du poids et le contrôle de la pression artérielle participent à l’optimisation de la santé cardiovasculaire. [3] Ces mesures générales ne remplacent ni les saignées, ni les médicaments prescrits, ni la surveillance hématologique. [1] [3]
Sources et références
[1] Polycythemia Vera - Blood Disorders - MSD Manual Consumer Version
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[2] Polycythemia Vera - Hematology - MSD Manual Professional Edition
Manuels MSD · Consulté le 2026-09-13
[3] Polycythemia Vera - StatPearls - NCBI Bookshelf
www.ncbi.nlm.nih.gov · Consulté le 2026-09-16
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