DR LABBe Camille
gynécologue obstétricien 55 RUE DE GEOLE14000 Caen Conventionné
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Infertilité ».
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Guide médical
L’infertilité correspond à l’absence de grossesse après une période de rapports réguliers sans contraception, mais le délai avant bilan dépend du contexte.
Avant 35 ans et sans facteur connu, une consultation est habituellement proposée après douze mois ; après 35 ans, après environ six mois, et plus tôt encore en cas de cycles absents ou irréguliers, endométriose, antécédent tubaire, traitement gonadotoxique, chirurgie, trouble sexuel ou facteur masculin. Le bilan concerne les deux partenaires dès le départ. Il étudie l’ovulation, l’utérus et les trompes, et comprend au minimum une histoire et un examen masculins avec spermogramme adapté. Un résultat anormal doit souvent être confirmé car fièvre, délai d’abstinence et conditions de recueil modifient le sperme.
L’âge ovarien influence fortement les chances, mais une hormone ou un compte folliculaire ne prédit pas seul une grossesse naturelle. Les causes peuvent être féminines, masculines, mixtes ou inexpliquées. Le traitement va de la correction d’un facteur et de rapports ciblés à une stimulation, une chirurgie sélectionnée, une insémination ou une fécondation in vitro. Une AMP n’est ni automatique ni garantie. Le consentement, la santé des deux partenaires, la prévention infectieuse et l’accompagnement psychologique font partie du parcours.
La fécondité est probabiliste : plusieurs mois sans grossesse ne signifie pas forcément infertilité. Pour un couple hétérosexuel avec rapports réguliers, le repère habituel est douze mois avant 35 ans, six mois après 35 ans. L’âge de la partenaire qui porte la grossesse justifie de ne pas retarder, car quantité et qualité ovocytaires diminuent avec le temps.
Les projets des couples de femmes et des personnes seules relèvent aussi d’un parcours d’AMP prévu par la loi, sans être définis par une infertilité médicale.
Une cause masculine contribue à une part importante des situations et peut coexister avec un facteur féminin. Commencer uniquement par des examens invasifs chez la femme retarde le diagnostic. La première consultation recueille grossesses antérieures, cycles, infections, opérations, traitements, sexualité, expositions professionnelles, tabac, alcool, cannabis, poids et antécédents familiaux. Elle respecte intimité et diversité des parcours.
L’examen clinique recherche des signes orientant vers un trouble hormonal, gynécologique ou andrologique. Les habitudes de vie sont discutées sans culpabiliser : les modifier peut améliorer la santé et parfois la fertilité, mais ne corrige pas toujours une obstruction tubaire ou une insuffisance ovarienne. Le couple reçoit un calendrier des examens pour éviter répétitions et délais inutiles.
La régularité des cycles donne une première information. Des dosages hormonaux sont programmés à des moments précis selon la question. L’AMH et le compte des follicules antraux estiment surtout la réponse attendue à une stimulation ; ils ne mesurent pas à eux seuls la qualité ovocytaire ni la possibilité de concevoir naturellement. L’échographie étudie ovaires, utérus, fibromes et signes d’endométriose.
La perméabilité des trompes peut être évaluée par hystérosalpingographie ou échographie avec contraste selon le contexte. Ces examens ne sont pas nécessaires à tout moment ni interchangeables. Une hystéroscopie examine la cavité utérine lorsqu’une anomalie est suspectée. Aucun bilan ne garantit de trouver une cause ; infertilité inexpliquée signifie que les examens standards sont rassurants, pas que le problème est imaginaire.
Le spermogramme mesure volume, concentration, mobilité et morphologie selon des méthodes standardisées. Le recueil suit les instructions du laboratoire après un délai d’abstinence défini. Une seule anomalie ne suffit généralement pas: un contrôle confirme la persistance en tenant compte du cycle de production spermatique.
Selon le résultat, l’andrologue ou l’urologue peut demander hormones, échographie, spermoculture ou analyses génétiques. Une azoospermie ne signifie pas toujours absence définitive de possibilité biologique ; il faut distinguer obstruction et défaut de production. La prise de testostérone peut diminuer fortement la fabrication des spermatozoïdes et doit être déclarée. Les compléments antioxydants n’ont pas une efficacité universelle démontrée.
Traiter une infection, équilibrer une maladie, corriger un trouble thyroïdien, prendre en charge l’ovulation ou une dysfonction sexuelle peut suffire dans certaines situations. Une chirurgie tubaire, d’endométriose, de fibrome ou de varicocèle n’est proposée que si le bénéfice attendu dépasse les risques et le délai. L’âge et la réserve ovarienne évitent parfois de perdre du temps avec des interventions peu utiles.
La stimulation ovarienne augmente ou déclenche l’ovulation et nécessite surveillance pour limiter grossesse multiple et hyperstimulation. L’insémination dépose des spermatozoïdes préparés dans l’utérus. La FIV met ovocytes et spermatozoïdes en contact au laboratoire ; l’ICSI injecte un spermatozoïde dans l’ovocyte selon les indications. Don de gamètes ou préservation répondent à des cadres spécifiques.
Les chances varient surtout avec âge, cause, durée, qualité des gamètes et nombre de tentatives. Un taux annoncé par centre ou technique ne prédit pas le résultat individuel et doit préciser naissance vivante, grossesse ou transfert. Les risques incluent effets des traitements, ponction, grossesse multiple, grossesse extra-utérine et charge émotionnelle. Le transfert d’un nombre limité d’embryons réduit certaines complications.
Chaque étape exige consentement et possibilité de pause. Le diagnostic préimplantatoire n’est pas un dépistage de convenance et répond à des indications légales. Les embryons non transférés font l’objet de décisions encadrées. Un second avis est utile si la stratégie, les délais ou la nécessité d’un geste invasif sont mal compris.
Des rapports tous les un à deux jours autour de la période fertile suffisent généralement ; une surveillance obsessionnelle peut nuire à la sexualité. Arrêt du tabac, limitation de l’alcool, activité, sommeil et poids adapté bénéficient à la santé préconceptionnelle. L’acide folique est recommandé avant grossesse selon les conseils médicaux. Évitez chaleur testiculaire extrême et expositions toxiques lorsque cela s’applique.
L’infertilité peut provoquer anxiété, deuil, tensions et isolement. Psychologue, associations et équipe d’AMP apportent un soutien sans conditionner l’accès. Le partenaire sans traitement physique doit rester inclus. Une grossesse obtenue après infertilité nécessite le suivi obstétrical habituel, avec attention aux risques liés à l’âge, la cause et la technique, plutôt qu’une inquiétude systématique.
Le bilan est habituellement proposé après douze mois d’essais avant 35 ans, ou six mois dès 35 ans pour la personne dont on évalue la fertilité ovarienne. Consultez plus tôt en cas de facteur connu ou d’absence de règles. [M6]
Oui. Histoire, examen et spermogramme évitent de retarder une cause masculine ou mixte.
Non. Elle aide surtout à estimer la réponse à une stimulation et ne prédit pas seule une grossesse naturelle.
Pas toujours. Fièvre et conditions de recueil influencent le résultat ; un contrôle est souvent nécessaire.
Non. La stratégie dépend de la cause, de l’âge, de la durée et des traitements déjà réalisés.
Douleur importante, ventre très gonflé, prise de poids rapide, vomissements, baisse des urines ou gêne respiratoire nécessitent un contact immédiat.