Luc LABARBE
infectiologue 34 Boulevard Laveran13013 Marseille 13e arrondissement
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Hépatite ».
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Guide médical
Le mot hépatite décrit une inflammation du foie, pas une maladie unique. Les virus A, B, C, D et E possèdent des modes de transmission et des risques différents.
Beaucoup d’hépatites restent silencieuses et sont découvertes sur des transaminases ; d’autres provoquent fatigue, nausées, urines foncées, selles claires, démangeaisons ou jaunisse. Le bilan associe interrogatoire, analyses hépatiques, coagulation, sérologies ou recherche virale et imagerie selon le contexte. Une sérologie isolée doit être interprétée : elle peut traduire infection actuelle, ancienne ou vaccination. Le traitement vise la cause.
L’hépatite C se guérit le plus souvent par antiviraux directs, tandis que l’hépatite B chronique peut être contrôlée et surveillée ; les hépatites A et E guérissent généralement sans antiviral spécifique mais peuvent être graves. Confusion, somnolence, saignement, vomissements répétés ou jaunisse rapidement croissante sont des urgences.
Les cellules du foie peuvent être lésées de façon aiguë, en quelques jours ou semaines, ou chronique, au-delà de plusieurs mois selon la cause. Les transaminases augmentent lorsque les cellules souffrent, mais leur niveau ne mesure pas à lui seul la capacité du foie à fonctionner. Bilirubine, coagulation, albumine et signes cliniques complètent l’évaluation.
Une stéatose métabolique peut s’accompagner d’inflammation, mais tout foie gras n’est pas une hépatite. Une obstruction des voies biliaires peut également donner jaunisse et analyses perturbées. Le terme générique doit conduire à identifier la cause, la gravité et le caractère transmissible plutôt qu’à choisir un traitement universel.
Les virus A et E se transmettent surtout par voie féco-orale, aliments ou eau contaminés, avec des contextes de voyage ou d’épidémie. Ils causent habituellement une infection aiguë. L’hépatite E peut être plus préoccupante pendant la grossesse ou chez une personne immunodéprimée, et certaines formes deviennent chroniques dans ce dernier contexte.
Les virus B et C se transmettent par le sang ; le B aussi par voie sexuelle et de la mère à l’enfant. Le virus D ne peut infecter qu’une personne ayant le virus B et peut aggraver l’évolution. B et C peuvent devenir chroniques, entraîner fibrose, cirrhose et cancer du foie. Il existe un vaccin contre A et B selon indications, mais pas contre C.
Le paracétamol en surdose est une cause majeure d’insuffisance hépatique aiguë.
L’alcool peut provoquer stéatose et hépatite alcoolique. Une hépatite auto-immune, une surcharge en fer ou cuivre, une maladie métabolique, vasculaire ou une obstruction nécessitent des examens spécifiques. Une personne peut cumuler plusieurs causes, par exemple virus et alcool ou stéatose métabolique. L’entretien doit rester factuel et sans jugement.
Beaucoup d’infections B ou C chroniques ne donnent aucun symptôme pendant des années. Une hépatite aiguë peut provoquer fatigue intense, perte d’appétit, nausées, fièvre, douleurs articulaires ou gêne sous les côtes droites. Puis urines foncées, selles décolorées, démangeaisons et coloration jaune des yeux ou de la peau peuvent apparaître.
Ces signes ne sont pas spécifiques et une jaunisse peut venir des voies biliaires ou du sang. À un stade chronique avancé, ascite, jambes gonflées, vomissement de sang ou amaigrissement nécessitent une évaluation rapide.
Les analyses mesurent ALAT, ASAT, phosphatases alcalines, GGT, bilirubine, INR, numération et fonction rénale. Le profil oriente vers atteinte cellulaire, cholestase ou autre mécanisme.
Sérologies et charges virales sont choisies selon le risque. L’échographie recherche voies biliaires, foie, rate et signes de complication. Élastométrie estime la fibrose ; une biopsie n’est réservée qu’à certaines questions.
Une forme grave est hospitalisée.
L’hépatite B chronique n’exige pas toujours un antiviral immédiat. Le niveau de réplication, les transaminases, la fibrose, l’âge et les situations particulières guident traitement et surveillance. Les analogues nucléos(t)idiques contrôlent durablement le virus chez de nombreux patients sans forcément l’éliminer. Auto-immunité, alcool et causes métaboliques ont des traitements entièrement différents.
La vaccination protège contre l’hépatite B et est obligatoire chez les nourrissons nés depuis 2018 en France ; elle est recommandée dans d’autres situations à risque. Les proches d’une personne porteuse sont dépistés et vaccinés si nécessaire. Préservatifs, matériel d’injection personnel, hygiène du tatouage et absence de partage d’objets souillés de sang réduisent la transmission.
Le VHB et le VHC ne se transmettent pas par un repas partagé, une poignée de main ou les contacts ordinaires. Pour A et E, lavage des mains et précautions alimentaires sont importantes. La grossesse nécessite un dépistage B et une prévention néonatale organisée. Ne donnez pas votre sang et informez les soignants, sans renoncer aux soins.
Le suivi contrôle normalisation des analyses, disparition ou contrôle viral et fibrose. Pour le VHB, la fréquence dépend du profil viral et du traitement.
L’alimentation n’a pas à devenir une cure restrictive. Activité, poids, diabète et santé mentale sont pris en charge dans une stratégie globale. Une fiche d’annuaire n’établit pas le type d’hépatite ni l’urgence: le bilan initial peut commencer en médecine générale puis être orienté.
Non.
Oui, très souvent. Les formes chroniques B et C peuvent rester silencieuses et être découvertes au dépistage.
Non. Elles signalent une lésion mais ne donnent ni la cause ni toute la gravité ; d’autres analyses et parfois une imagerie sont nécessaires.
Oui, les antiviraux directs guérissent la grande majorité des infections, mais une cirrhose préexistante continue d’être surveillée.
Non. Des vaccins existent contre A et B selon les indications, pas contre C ; prévenir D passe par la vaccination B.
Non. Un arrêt brutal peut être dangereux.