Valentine Lietaert
médecin généraliste 15 Rue Christophe Colomb59700 Marcq-En-Bar?ul Secteur 1
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Dermite séborrhéique ».
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Guide médical
La dermite séborrhéique est une maladie inflammatoire chronique et récidivante des zones riches en sébum. Elle donne des pellicules ou des plaques rouges recouvertes de squames blanches à jaunâtres, surtout sur le cuir chevelu, les sourcils, les ailes du nez, les sillons autour du nez, la barbe, derrière les oreilles et parfois au milieu du thorax ou dans les plis.
Elle peut démanger, brûler ou simplement être visible. La levure Malassezia, normalement présente sur la peau, participe à l'inflammation chez les personnes prédisposées : ce n'est ni une infection attrapée auprès de quelqu'un, ni un manque d'hygiène. Stress, fatigue et temps froid peuvent accompagner des poussées, mais ne suffisent pas à poser le diagnostic. Celui-ci repose généralement sur l'examen de la peau.
Psoriasis, eczéma atopique ou de contact, rosacée, teigne, lupus et certaines infections peuvent lui ressembler ; une chute de cheveux en plaques, des lésions très délimitées, des pustules ou l'échec d'un traitement bien suivi justifient une réévaluation. Le traitement de première intention est local. Sur le cuir chevelu, un shampooing antifongique, notamment au kétoconazole ou au ciclopirox selon prescription ou produit, doit atteindre la peau et rester en contact le temps indiqué avant rinçage. Des produits au sulfure de sélénium ou kératolytiques peuvent être proposés selon les squames.
Sur le visage ou le tronc, une crème antifongique ou un autre traitement adapté à la zone peut être prescrit. Tacrolimus ou pimécrolimus peuvent parfois être utilisés hors indication spécifique de la dermite séborrhéique, après décision médicale. Les antifongiques oraux et autres traitements généraux sont réservés aux formes sévères ou résistantes.
Une fois la poussée contrôlée, un shampooing antifongique espacé ou une routine d'entretien réduit les rechutes sans garantir leur disparition. Nettoyage doux, hydratant non irritant et absence de grattage complètent le traitement ; alcool, gommages et huiles essentielles peuvent irriter. Chez le nourrisson, les croûtes de lait constituent une forme particulière, le plus souvent transitoire : on ne transpose pas automatiquement les traitements de l'adulte.
Une forme soudainement très étendue ou résistante peut conduire le médecin à rechercher une autre dermatose ou, selon le contexte, une immunodépression, sans que la dermite séborrhéique signifie à elle seule une maladie générale.
Les squames sont souvent fines ou grasses, blanches à jaunes, sur un fond rouge plus ou moins visible selon la couleur de peau. Les sites typiques sont le cuir chevelu et sa lisière, les sourcils, l'espace entre eux, les côtés du nez, la moustache ou la barbe, les oreilles et le sternum. L'atteinte peut se limiter à des pellicules.
La maladie évolue par poussées et rémissions. Elle n'entraîne habituellement pas de cicatrice ni de chute définitive des cheveux. Une alopécie en plaques, des cheveux cassés, une bordure très nette, des pustules ou une atteinte unilatérale inhabituelle doivent faire discuter un autre diagnostic.
Le médecin reconnaît souvent la distribution et l'aspect sans analyse. Il vérifie toutefois psoriasis du cuir chevelu, eczéma de contact à un cosmétique, dermatite atopique, rosacée, teigne ou blépharite. Plusieurs maladies peuvent coexister, notamment psoriasis et dermite séborrhéique.
Un prélèvement mycologique est utile si une teigne est suspectée; une biopsie reste exceptionnelle en cas de doute persistant.
Le produit doit atteindre le cuir chevelu, pas seulement les cheveux. Il est massé doucement puis laissé en contact pendant la durée de la notice, souvent plusieurs minutes, avant rinçage. Fréquence initiale et entretien dépendent de la molécule ; davantage n'est pas forcément plus efficace et peut irriter.
Lorsque les squames sont très épaisses, un kératolytique peut faciliter leur décollement avant l'antifongique. Gratter avec les ongles crée des plaies et favorise une surinfection. Après contrôle, une utilisation espacée une à deux fois par semaine est parfois maintenue pour limiter les récidives.
Une crème antifongique peut être proposée sur les zones atteintes. Un dermocorticoïde faible et très court peut calmer une inflammation marquée, mais la peau du visage et des plis absorbe davantage : puissance, durée et quantité doivent être précisées. Réutiliser indéfiniment une ancienne ordonnance expose à des complications.
Un inhibiteur de la calcineurine peut constituer une alternative dans certaines formes faciales récidivantes, avec une utilisation hors autorisation spécifique à expliquer. Dans le conduit auditif ou sur les paupières, des produits et gestes dédiés sont nécessaires ; shampooing, coton-tige et crème ordinaire ne doivent pas être introduits dans l'oreille ou l'œil.
Il n'existe pas de traitement qui supprime définitivement la prédisposition. Une routine simple et reproductible est plus utile qu'une succession de produits : nettoyant doux sans alcool, rinçage soigneux, hydratant non comédogène si besoin et traitement d'entretien défini avec le professionnel.
Notez zone, saison, produit capillaire ou cosmétique et réponse au traitement pour identifier un irritant ou une confusion diagnostique. Aucun régime ni complément n'a démontré qu'il guérissait la dermite. Le soleil n'est pas un traitement : une amélioration transitoire ne justifie pas une exposition sans protection.
Chez le nourrisson, des croûtes épaisses jaunâtres apparaissent souvent dans les premiers mois et régressent habituellement spontanément. Un lavage doux et un ramollissement délicat suffisent le plus souvent. Il ne faut ni arracher les croûtes ni appliquer un traitement d'adulte sans avis.
Consultez si l'enfant paraît malade, si les lésions suintent, saignent, s'étendent largement, atteignent fortement le siège ou persistent de façon atypique. Le professionnel vérifie alors infection, eczéma ou autre dermatose et choisit un traitement compatible avec l'âge.
Non. Malassezia fait partie de la flore cutanée normale ; la maladie correspond à une réaction inflammatoire chez une personne prédisposée.
Non. Elles en sont une forme fréquente, mais psoriasis, eczéma, irritation cosmétique ou teigne peuvent aussi faire des squames.
Respectez le temps de contact indiqué dans la notice du shampooing ou sur l'ordonnance avant de rincer.
Parfois, en faible puissance et en cure brève prescrite. Un usage fort ou prolongé sur le visage expose à des effets indésirables.
Un entretien antifongique espacé peut réduire les rechutes fréquentes. Sa fréquence doit être adaptée à la zone, au produit et à la tolérance.
Elle ne provoque habituellement pas d'alopécie définitive. Une chute localisée, des cheveux cassés ou des cicatrices imposent de rechercher un autre diagnostic.