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Vitamine D en hiver : faut-il en prendre, et à quelle dose ?

Rédaction LeMedecin.fr, d'après les recommandations ANSM — Notice patient, Cholécalciférol Substipharm 50 000 UI, solution buvable en ampoule, ANSM — Vitamine D chez l'enfant : recourir aux médicaments et non aux compléments alimentaires pour prévenir le risque de surdosage, Assurance Maladie — Adapter son alimentation pendant la grossesse Publié le 5 novembre 2026
Infographie : Vitamine D en hiver : faut-il en prendre, et à quelle dose ? — 4 points clés
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Chez l'enfant, oui : en France, la vitamine D est prescrite dès les premiers jours de vie et jusqu'à 18 ans, et l'ANSM cite 400 UI par jour pour un enfant en bonne santé. Chez l'adulte, les pages officielles que nous avons consultées ne prévoient pas de supplément pour tout le monde : il se discute en cas de carence, de grossesse ou d'ostéoporose, avec votre médecin. Et dans la plupart des cas, une prise de sang pour doser la vitamine D est inutile.

L'essentiel

  • Enfants : vitamine D prescrite jusqu'à 18 ans, dès les premiers jours de vie, pour prévenir le rachitisme.
  • 400 UI par jour pour l'enfant en bonne santé, 800 UI s'il a un facteur de risque : ce sont les repères européens cités par l'ANSM.
  • Bébé allaité : le lait maternel ne couvre pas les besoins en vitamine D. Un ajout est nécessaire.
  • Préférez un médicament à un complément alimentaire, surtout chez le jeune enfant : certains compléments contiennent jusqu'à 10 000 UI par goutte.
  • Adulte : un supplément peut être apporté en cas de carence, ou dans certains cas comme la grossesse ou l'ostéoporose.
  • Dosage sanguin : préconisé et remboursé dans 6 situations seulement.

À quoi sert la vitamine D, et d'où vient-elle ?

La vitamine D aide l'organisme à absorber le calcium et le phosphore des aliments. Elle participe à la minéralisation des os, du cartilage et des dents, pendant et après la croissance.

Elle est essentiellement fabriquée par la peau, sous l'action des rayons ultraviolets B (UVB) du soleil. On en trouve aussi dans quelques aliments, selon l'Assurance Maladie :

  • les poissons gras (saumon, maquereaux, sardines) ;
  • l'huile de foie de morue, particulièrement riche ;
  • le jaune d'œuf et le beurre ;
  • les produits laitiers enrichis en vitamine D.

Un manque de vitamine D peut provoquer un rachitisme chez l'enfant et une décalcification des os chez l'adulte. Chez les personnes âgées, en particulier les femmes ménopausées, il favorise l'ostéoporose et augmente le risque de fracture. Notre fiche carence en vitamine D détaille les causes, les signes et les personnes les plus exposées.

Chez l'enfant : faut-il donner de la vitamine D, et combien ?

Oui. En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée dès les premiers jours de vie, pour prévenir le rachitisme, une maladie de la croissance et de l'ossification. Elle doit être poursuivie pendant toute la croissance, c'est-à-dire jusqu'à 18 ans, selon l'Agence du médicament (ANSM).

Pour la dose, l'ANSM indiquait en 2021 que les recommandations françaises allaient s'aligner sur les recommandations européennes :

  • 400 UI par jour, de 0 à 18 ans, pour un enfant en bonne santé sans facteur de risque ;
  • 800 UI par jour, de 0 à 18 ans, pour un enfant qui présente un facteur de risque.

C'est le médecin ou le pédiatre qui prescrit le produit et explique quand et comment le donner.

Bébé allaité : selon l'Assurance Maladie, l'allaitement couvre à lui seul tous les besoins du nourrisson jusqu'à 6 mois, sauf en vitamines D et K. L'ajout de ces deux vitamines, en solutions buvables, est donc nécessaire chez l'enfant nourri au sein.

Gouttes chaque jour ou ampoules ? Pour un enfant de plus de 2 ans, la notice d'un médicament à 50 000 UI précise qu'il est préférable de donner des doses quotidiennes en gouttes. Si les gouttes quotidiennes ne sont pas suivies, cette notice prévoit des ampoules espacées, par exemple deux fois par an, en automne et en hiver, chez l'enfant en bonne santé. Elle prévoit un rythme plus rapproché quand la vitamine D est moins disponible (obésité, peau pigmentée, absence d'exposition au soleil) ou moins apportée (régime végétalien).

Pourquoi les compléments alimentaires pour enfants posent problème

En 2021, l'ANSM a alerté sur des cas de surdosage chez de jeunes enfants après la prise de compléments alimentaires enrichis en vitamine D. Ces surdosages provoquent un excès de calcium dans le sang, qui peut abîmer les reins (calculs, dépôts de calcium dans le rein).

L'ANSM explique pourquoi ces produits sont risqués :

  • certains contiennent jusqu'à 10 000 UI de vitamine D par goutte, parfois sans dose recommandée selon l'âge ;
  • on peut se tromper de dose en passant du médicament au complément, ou d'un complément à un autre ;
  • de nombreux produits ont des concentrations différentes, parfois au sein d'une même marque, avec un risque de confusion ou de cumul.

Selon l'ANSM et l'Assurance Maladie, donner trop de vitamine D à un enfant peut être aussi dangereux que de ne pas lui en donner assez.

Chez l'adulte : faut-il en prendre en hiver ?

Dans les pages officielles que nous avons consultées (Assurance Maladie, Haute Autorité de santé, ANSM), nous n'avons pas trouvé de recommandation qui conseille la vitamine D à tous les adultes en hiver. Les sources la prévoient dans des situations précises :

  • en cas de carence : selon l'Assurance Maladie, un supplément peut alors être apporté ;
  • pendant la grossesse : votre médecin ou votre sage-femme vous prescrit éventuellement de la vitamine D en deuxième partie de grossesse. Ne prenez pas de complément alimentaire sans leur en parler ;
  • en cas d'ostéoporose : avant et pendant le traitement, le médecin corrige une éventuelle carence. Après un traitement d'attaque, la dose d'entretien varie entre 800 et 1 200 UI par jour, ou des doses équivalentes de 80 000 à 100 000 UI tous les 2 à 3 mois.

La notice d'un médicament à 50 000 UI, indiqué pour traiter ou prévenir une carence en vitamine D, prévoit, chez l'adulte et la personne âgée, une ampoule tous les 1 à 2 mois en prévention. Cette même notice déconseille ce fort dosage chez la femme enceinte ou qui allaite. Elle demande de s'adresser à son médecin, à son pharmacien ou à son infirmier avant de le prendre. Voir aussi notre fiche cholécalciférol (vitamine D3).

Faut-il faire une prise de sang pour doser la vitamine D ?

Le plus souvent, non. Selon la Haute Autorité de santé (HAS), dans la plupart des cas, doser la vitamine D dans le sang n'apporte pas de renseignement utile. Elle conclut à une absence d'utilité du dosage, par exemple, pour les maladies infectieuses, la grossesse, les maladies cardiovasculaires ou le diabète de type 2. La HAS précise que ce travail ne portait ni sur l'intérêt d'un traitement par vitamine D, ni sur les doses.

L'Assurance Maladie va dans le même sens : en dehors de six situations, il n'y a pas d'utilité prouvée à doser la vitamine D, et un supplément peut être commencé et suivi sans dosage.

Le dosage est préconisé et remboursé dans 6 situations :

  • suspicion de rachitisme ;
  • suspicion d'ostéomalacie ;
  • suivi d'un adulte greffé du rein, au-delà de trois mois après la greffe ;
  • avant et après une chirurgie de l'obésité (chirurgie bariatrique) ;
  • personne âgée qui fait des chutes à répétition ;
  • médicament dont le résumé des caractéristiques du produit (RCP) demande ce dosage.

Ces six situations sont une condition de remboursement, qui s'impose aux médecins et aux biologistes.

Quand consulter ?

Si vous avez pris plus de vitamine D que prévu, la notice d'un médicament à base de vitamine D demande de consulter immédiatement votre médecin ou votre pharmacien.

Selon cette notice, un surdosage peut se manifester par :

  • des maux de tête, une fatigue, une perte d'appétit, un amaigrissement ;
  • un état confus ;
  • des douleurs osseuses, une faiblesse musculaire ;
  • des nausées, des vomissements, une constipation, des douleurs au ventre ;
  • des urines abondantes et une soif intense.

En cas de surdosage, cette notice demande d'arrêter le traitement, de boire abondamment, de limiter les apports en calcium (laitages) et de consulter un médecin. Le risque est particulièrement élevé si vous recevez plusieurs sources de vitamine D qui ne correspondent pas à vos besoins. Un surdosage peut finir par endommager gravement les reins.

Parlez aussi à votre médecin si :

  • vous êtes enceinte et vous vous posez la question d'un supplément (ou parlez-en à votre sage-femme) ;
  • vous allaitez votre bébé : il a besoin de vitamine D en plus du lait maternel ;
  • une personne âgée de votre entourage fait des chutes à répétition : c'est l'une des situations où le dosage est préconisé.

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Questions fréquentes

Faut-il donner de la vitamine D à son enfant en hiver ?

En France, la supplémentation en vitamine D est recommandée dès les premiers jours de vie et jusqu'à 18 ans. L'ANSM cite 400 UI par jour pour un enfant en bonne santé et 800 UI s'il a un facteur de risque. Le médecin choisit le produit et explique comment le donner.

Faut-il faire une prise de sang avant de prendre de la vitamine D ?

Le plus souvent, non. Selon l'Assurance Maladie, un supplément peut être commencé et suivi sans dosage. Le dosage n'est préconisé et remboursé que dans six situations, comme une suspicion de rachitisme ou des chutes à répétition chez une personne âgée.

Quels aliments apportent de la vitamine D ?

Surtout les poissons gras (saumon, maquereaux, sardines), l'huile de foie de morue et le jaune d'œuf, ainsi que le beurre et les produits laitiers enrichis. Mais la vitamine D est essentiellement fabriquée par la peau sous l'action du soleil.

Sources

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