Diabète, asthme, hypertension, cholestérol : les médicaments les plus prescrits en France sont aussi, souvent, les moins chers à produire. Selon une alerte relayée par MedFrance, ce sont justement eux qui sont les premières victimes des pénuries et des arrêts de commercialisation. Si votre traitement habituel n'est plus disponible en pharmacie, il existe des réflexes simples à adopter avant de s'inquiéter.
L'essentiel
- Les pénuries touchent en priorité des médicaments génériques peu coûteux et très prescrits : diabète, asthme, hypertension, cholestérol.
- Leur faible prix de vente laisse peu de marge aux fabricants, ce qui pousse à la concentration de la production sur un nombre réduit de sites, parfois éloignés.
- En cas de rupture, ne jamais interrompre seul(e) un traitement chronique : le pharmacien ou le médecin peut proposer une solution adaptée.
- L'ANSM suit les tensions d'approvisionnement produit par produit et peut recommander des alternatives, y compris des préparations réalisées en pharmacie.
Quels médicaments sont les plus touchés ?
Selon une alerte relayée par MedFrance, les traitements contre le diabète, l'asthme, l'hypertension et le cholestérol figurent parmi les plus concernés par les ruptures de stock et les arrêts de commercialisation. Ce sont pourtant des médicaments parmi les plus prescrits en France.
Ce paradoxe s'explique en partie par leur prix : il s'agit souvent de médicaments génériques anciens, vendus à faible coût, ce qui les rend économiquement moins attractifs à produire.
Des exemples concrets suivis par l'ANSM
- Selon l'ANSM, une rupture de stock du Bicafres 1000 mg (comprimé gastro-résistant) a été signalée, avec une recommandation de remplacement par des préparations magistrales réalisées en pharmacie.
- L'agence a également appelé les prescripteurs à mieux cibler l'usage de certains collyres, afin de préserver les stocks disponibles pour les patients qui en ont le plus besoin.
Pourquoi ces pénuries se répètent : le mécanisme économique
Un médicament générique ancien se vend souvent quelques centimes ou quelques euros la boîte. Cette faible marge réduit l'intérêt économique à en maintenir une production diversifiée et abondante.
Conséquence : la fabrication du principe actif ou du produit fini se concentre parfois sur un nombre restreint de sites de production dans le monde. Si l'un d'eux rencontre un incident industriel, une pénurie de matière première ou une hausse soudaine de la demande, l'approvisionnement de toute une gamme de médicaments peut être fragilisé.
- Moins un médicament est cher, moins il est rentable à produire en grande quantité et avec plusieurs fournisseurs de secours.
- La dépendance à un nombre limité de fabricants, parfois situés hors d'Europe, augmente le risque de rupture en cas d'incident lointain.
C'est ce mécanisme qui explique que des traitements très courants, comme ceux utilisés contre l'hypertension artérielle, puissent se retrouver ponctuellement en tension malgré leur large diffusion.
Que faire si votre traitement habituel est en rupture ?
Ne jamais arrêter un traitement chronique de sa propre initiative, en particulier pour l'hypertension, le diabète ou l'asthme, où une interruption brutale peut avoir des conséquences sur l'équilibre de la maladie.
- Contactez d'abord votre pharmacien : il peut proposer un générique équivalent, une autre présentation, ou vous orienter vers une pharmacie disposant encore du produit.
- Sollicitez votre médecin si aucune alternative n'est disponible en pharmacie, pour envisager un changement de traitement adapté à votre situation.
- Ne stockez pas de grandes quantités par précaution : cela aggrave la pénurie pour les autres patients.
- Évitez les achats sur des sites internet non autorisés qui proposent des « solutions de remplacement » : ils ne garantissent ni la qualité ni la sécurité du produit.
Dans certains cas, l'ANSM autorise le recours à des préparations réalisées directement en pharmacie, comme cela a été recommandé pour le Bicafres 1000 mg. Votre pharmacien saura vous indiquer si cette solution s'applique à votre situation.
Le rôle des autorités sanitaires
L'ANSM surveille en continu les tensions d'approvisionnement et publie des recommandations lorsqu'un médicament vient à manquer. Ces recommandations peuvent concerner un remplacement, une préparation magistrale, ou des règles de prescription plus ciblées.
- Pour les collyres, l'agence a par exemple demandé aux prescripteurs de mieux cibler les indications afin de préserver les stocks disponibles pour les patients qui en ont le plus besoin.
- Ces mesures visent à répartir les quantités disponibles de façon équitable entre les patients, en attendant le retour à une situation normale.
Consultez le site de l'ANSM pour connaître la liste à jour des médicaments actuellement signalés en tension.
Questions fréquentes
Mon pharmacien n'a plus mon médicament habituel, que dois-je faire ?
Parlez-en d'abord à votre pharmacien : il peut proposer un médicament générique équivalent ou vérifier la disponibilité dans une autre officine. Si aucune alternative n'existe, il orientera vers votre médecin pour adapter le traitement, sans jamais l'interrompre de votre propre initiative.
Puis-je remplacer moi-même mon traitement par un générique trouvé en ligne ?
Non, il est déconseillé d'acheter un médicament de remplacement sur un site internet non autorisé. Seul un pharmacien ou un médecin peut identifier une alternative adaptée et sûre à votre situation.
Pourquoi ce sont justement les médicaments les moins chers qui manquent le plus souvent ?
Selon l'alerte relayée par MedFrance, ces médicaments génériques anciens, vendus à bas prix, offrent une faible marge aux fabricants. Cela réduit l'intérêt à maintenir plusieurs sites de production, ce qui fragilise l'approvisionnement en cas d'incident industriel ou de hausse de la demande.