La Haute Autorité de santé (HAS) a publié en juin 2024 une recommandation sur la stratégie thérapeutique à adopter face au diabète de type 2. Objectif affiché : mieux adapter le traitement à chaque patient plutôt que d'appliquer un schéma unique. Une évolution qui concerne les millions de Français vivant avec cette maladie chronique, ainsi que les médecins traitants qui les suivent au quotidien.
L'essentiel
- La HAS a actualisé en juin 2024 sa recommandation sur la stratégie thérapeutique du diabète de type 2.
- Le diabète touche aujourd'hui plus de 5,3 millions de personnes en France, un chiffre en progression constante depuis dix ans.
- L'approche recommandée vise une prise en charge individualisée, tenant compte du profil et des besoins de chaque patient.
- Des travaux de recherche récents, notamment de l'Inserm, cherchent à identifier des sous-types de diabète pour mieux anticiper son évolution.
Pourquoi la HAS a mis à jour sa recommandation
Le diabète de type 2 est une maladie chronique qui évolue différemment selon les personnes. Un même traitement ne produit pas toujours les mêmes effets d'un patient à l'autre, ce qui justifie une actualisation régulière des recommandations médicales.
En juin 2024, la HAS a publié un document consacré à la stratégie thérapeutique du patient vivant avec un diabète de type 2. Ce texte s'adresse en premier lieu aux médecins traitants et aux équipes soignantes, mais il éclaire aussi les patients sur la logique qui guide l'ajustement de leur traitement. Pour connaître le contenu détaillé de cette recommandation, notamment les paliers thérapeutiques précis et les classes de médicaments privilégiées selon les situations, consultez le document complet publié par la HAS.
Une prise en charge pensée pour être individualisée
L'esprit général de cette actualisation est de sortir d'une logique uniforme pour aller vers une prise en charge qui tient compte de la situation globale du patient : âge, autres maladies éventuelles, mode de vie, tolérance aux traitements.
Concrètement, cela peut se traduire par :
- un choix de traitement discuté avec le patient plutôt qu'imposé ;
- une adaptation en fonction de l'évolution des résultats biologiques dans le temps ;
- une attention particulière portée aux personnes présentant d'autres facteurs de risque, notamment cardiovasculaires.
Dans tous les cas, la décision d'initier, de modifier ou d'arrêter un traitement du diabète relève d'un avis médical. Il ne faut jamais modifier de sa propre initiative un traitement antidiabétique, y compris en cas d'effets indésirables ressentis : mieux vaut en parler rapidement à son médecin ou à son pharmacien.
Le poids de l'alimentation et du mode de vie
Au-delà du traitement médicamenteux, l'alimentation reste un levier central dans la prévention et l'accompagnement du diabète de type 2. Selon des données relayées récemment, environ 70 % des nouveaux cas de diabète de type 2 seraient liés à l'alimentation.
Cela ne signifie pas que le diabète est uniquement une conséquence de choix individuels : des facteurs génétiques, l'âge et d'autres éléments entrent également en jeu. Mais cela souligne l'intérêt d'un accompagnement global, associant si besoin un suivi diététique, à côté du traitement médicamenteux.
Vers une médecine plus prédictive du diabète
En parallèle des recommandations de prise en charge, la recherche continue d'avancer sur la compréhension du diabète de type 2. Selon l'Inserm, des travaux récents ont permis d'identifier de nouveaux sous-types de la maladie, dans l'objectif de mieux prédire la façon dont elle va évoluer chez chaque personne.
Ces recherches n'ont pas vocation, à ce stade, à modifier immédiatement la pratique médicale courante. Elles ouvrent en revanche des perspectives pour affiner, à terme, le choix et le moment d'un traitement.
Ce que cela change concrètement pour les patients
Pour une personne vivant avec un diabète de type 2, cette actualisation ne signifie pas nécessairement un changement immédiat de traitement. Elle traduit surtout une évolution de la façon dont les médecins sont invités à raisonner.
Il est recommandé de :
- poursuivre son traitement habituel sauf avis contraire du médecin ;
- signaler tout effet indésirable ou toute difficulté à suivre le traitement lors des consultations de suivi ;
- ne jamais associer plusieurs médicaments contre le diabète, ou en interrompre un, sans en parler au préalable à un professionnel de santé ;
- maintenir un suivi régulier, qui permet d'ajuster le traitement au fil du temps si nécessaire.
En cas de doute sur son traitement ou de question sur une éventuelle adaptation, le médecin traitant reste l'interlocuteur de référence. Le pharmacien peut également apporter des conseils complémentaires, notamment sur la bonne prise des médicaments.
Questions fréquentes
Le traitement du diabète de type 2 change-t-il selon l'âge du patient ?
L'esprit de la recommandation HAS 2024 est d'adapter la prise en charge à la situation de chaque personne, ce qui peut inclure l'âge parmi d'autres critères. Dans tous les cas, seul le médecin traitant peut évaluer ce qui convient le mieux à une personne donnée.
Dois-je changer de traitement suite à cette recommandation ?
Non, il n'y a pas lieu de modifier son traitement de sa propre initiative. Cette recommandation s'adresse d'abord aux professionnels de santé, qui pourront, si nécessaire, en tenir compte lors d'une prochaine consultation de suivi.
Le diabète de type 2 peut-il être évité ?
Le mode de vie, et notamment l'alimentation, joue un rôle important dans le développement du diabète de type 2, mais d'autres facteurs comme la génétique ou l'âge entrent aussi en jeu. Un accompagnement personnalisé, associant si besoin un suivi diététique, peut être proposé par le médecin traitant.