Dr Dubois Camille
dermatologue et vénérologue 24 RUE DU PALAIS57000 Metz Conventionné
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Verrue ».
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Guide médical
Une verrue cutanée est une excroissance bénigne provoquée par certains papillomavirus humains qui infectent la peau. Elle apparaît surtout sur les mains, les doigts, les pieds ou autour des ongles. Les verrues sont fréquentes chez l’enfant et peuvent disparaître seules en quelques mois ou années. Leur aspect peut cependant être confondu avec un cor, un molluscum, une autre lésion bénigne ou plus rarement un cancer cutané. L’abstention, un traitement kératolytique ou la cryothérapie se discutent selon la gêne, la localisation et le terrain.
La verrue vulgaire forme une petite surélévation ferme et rugueuse, souvent sur les mains ou les doigts. Autour des ongles, elle peut être douloureuse et modifier leur croissance. Les verrues planes sont plus petites, lisses et nombreuses. Des points noirs peuvent correspondre à de petits vaisseaux thromboses et non à des racines.
La verrue plantaire siège sur une zone d’appui et peut être aplatie par le poids du corps, entourée de corne et douloureuse à la marche. Elle peut former une mosaïque. Un cor conserve davantage les lignes de la peau et fait souvent mal à la pression directe, mais la distinction n’est pas toujours simple. Une photo ne remplace pas l’examen.
Les HPV cutanés pénètrent par de petites fissures et stimulent la multiplication des cellules de l’épiderme. Ils sont très répandus et beaucoup de personnes les portent sans verrue visible. Une immunité locale différente explique en partie pourquoi certaines lésions persistent ou récidivent, sans que cela traduise nécessairement une maladie immunitaire.
La transmission est possible par contact direct ou par des squames provenant d’une verrue, mais elle reste limitée. Gratter, ronger les ongles ou manipuler la lésion peut l’étendre à proximité. Il est inutile d’isoler la vaisselle ou tout le linge. Le port de sandales dans les douches collectives protège aussi des traumatismes et d’autres infections, sans garantir l’absence de verrue.
Non. Une grande partie des verrues disparaît spontanément grâce à la réponse immunitaire, souvent en moins de deux ans chez l’enfant. Une simple surveillance peut être raisonnable lorsque le diagnostic est sûr, la lésion peu gênante et le terrain sans risque. Cette évolution naturelle explique qu’un traitement ou une méthode non prouvée puisse sembler efficace par coïncidence.
On traite davantage en cas de douleur, gêne fonctionnelle ou esthétique, extension, localisation autour d’un ongle ou demande du patient. Le choix tient compte de l’âge, du nombre, de l’épaisseur et de la tolérance. Aucun traitement ne détruit avec certitude tous les virus présents dans la peau ; plusieurs semaines et parfois plusieurs méthodes sont nécessaires.
Les verrucides kératolytiques ramollissent progressivement la couche cornée. La peau saine autour est protégée, le produit appliqué avec précision, puis la corne morte retirée doucement selon la notice. Le traitement doit être régulier pendant plusieurs semaines. Une irritation légère est possible ; une brûlure importante impose l’arrêt et un avis.
N’utilisez pas ces produits sur le visage, une muqueuse, une lésion incertaine, infectée ou sur une peau dont la sensibilité ou la circulation est diminuée. Chez l’enfant, pendant la grossesse ou en cas de maladie chronique, demandez conseil. Ne découpez jamais profondément la verrue avec une lame et ne partagez pas lime ou pierre ponce.
La cryothérapie refroidit fortement la verrue afin de détruire le tissu infecté. Elle est réalisée en consultation et peut être douloureuse, surtout sur les doigts ou la plante. Une cloque, parfois sanguinolente, et une croûte sont habituelles.
La peau peut devenir temporairement plus claire ou plus foncée et une cicatrice est rare mais possible. Les produits de cryothérapie vendus au public n’atteignent pas nécessairement les mêmes températures et doivent suivre leur notice. Après un traitement, gardez la zone propre et consultez si rougeur, douleur ou écoulement s’aggravent.
Le diagnostic est clinique dans la grande majorité des cas. Une dermoscopie peut aider. Une biopsie est envisagée lorsqu’une lésion est atypique, ulcérée, saignante, résistante ou située autour d’un ongle avec déformation, afin d’exclure une autre maladie. Chez un adulte, une plaie plantaire chronique ne doit pas être supposée verrue sans examen.
Les verrues génitales, appelées condylomes, appartiennent à une autre situation : elles concernent les muqueuses ou la région anogénitale, ont un parcours de dépistage et de prévention spécifique et ne se traitent pas avec les verrucides cutanés ordinaires. Une lésion du visage ou de la bouche doit également être montrée avant traitement.
Évitez d’arracher ou de ronger la verrue et lavez-vous les mains après l’avoir touchée. Ne partagez pas les outils utilisés sur la zone. Couvrez-la si elle est blessée ou lors d’un sport de contact. Il n’est pas nécessaire d’exclure systématiquement un enfant de l’école, du sport ou de la piscine pour une verrue cutanée.
Faites recontrôler une lésion qui résiste, se multiplie largement ou survient avec des infections répétées. Le professionnel vérifie le diagnostic et le terrain avant d’intensifier les traitements.
Oui. La plupart finissent par régresser spontanément, souvent en quelques mois ou années. Une surveillance est possible si le diagnostic est sûr et la gêne faible.
La SFD indique que ce n’est pas une contre-indication. Évitez toutefois de gratter la lésion et protégez une zone blessée.
Non. Les points noirs visibles sont généralement de petits vaisseaux, pas des racines qui s’enfoncent dans le corps.
Souvent plusieurs semaines, parfois plusieurs mois ou séances.
Non. Une coupe profonde provoque saignement, infection et dissémination. Utilisez seulement les méthodes conseillées et faites confirmer toute lésion incertaine.
Si la lésion est atypique, ulcérée, saignante, pigmentée, résistante, située près d’un ongle ou si vous êtes immunodéprimé ou diabétique.