DR RAJ Corentin
chirurgien orthopédiste et traumatologue 48 RUE HENRI BARBUSSE59880 St-Saulve Conventionné
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Rhizarthrose ».
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Guide médical
La rhizarthrose est une arthrose située à la base du pouce, le plus souvent dans l’articulation trapézo-métacarpienne, entre le trapèze du poignet et le premier métacarpien. Elle peut aussi s’accompagner d’une atteinte scapho-trapézo-trapézoïdienne voisine. Cette localisation supporte des contraintes importantes lors de la pince entre le pouce et l’index.
La douleur apparaît typiquement quand on tourne une clé, ouvre un bocal, essore un linge, tient un téléphone, écrit, coud ou saisit un objet entre deux doigts. Une sensation de faiblesse, un gonflement ou une bosse à la base du pouce, des craquements et une diminution de l’ouverture de la main peuvent s’installer. Avec le temps, le premier métacarpien peut se déplacer et le pouce prendre une déformation en zigzag. L’intensité des symptômes varie toutefois beaucoup : des images d’arthrose marquées peuvent être peu douloureuses, tandis qu’une atteinte radiographique modérée peut gêner fortement un geste professionnel ou quotidien.
La radiographie ne décide donc pas seule du traitement. Le diagnostic repose d’abord sur l’histoire de la douleur et l’examen de la main. Le professionnel localise la zone douloureuse, observe la mobilité, la stabilité, la force de pince, la sensibilité et recherche d’autres causes. Une radiographie de la base du pouce peut confirmer l’arthrose, préciser les articulations atteintes et préparer une éventuelle chirurgie. Une échographie, une IRM ou un scanner ne sont pas nécessaires de façon systématique. Ils peuvent être utiles si le diagnostic reste incertain, si une autre lésion est suspectée ou pour une planification particulière.
Une radiographie anormale n’exclut pas une autre cause de douleur. La ténosynovite de De Quervain touche plutôt le bord du poignet du côté du pouce et est déclenchée par certains mouvements tendineux. Un doigt à ressaut provoque un blocage ou un accrochage. Le syndrome du canal carpien donne surtout fourmillements nocturnes et engourdissement. Une fracture du scaphoïde ou de la base du pouce doit être recherchée après une chute. Une arthrite inflammatoire ou infectieuse peut donner une articulation chaude, gonflée et douloureuse, souvent dans un contexte différent.
La rhizarthrose est une maladie chronique ; elle n’impose pas une opération dès qu’elle est visible. Le premier objectif est de préserver l’usage de la main et de réduire les poussées douloureuses. Une adaptation des gestes limite les pinces fortes et répétées : utiliser les deux mains, grossir les manches, choisir un ouvre-bocal, faire glisser plutôt que porter, alterner les tâches et répartir les charges. Il ne s’agit pas d’immobiliser définitivement le pouce. Une activité régulière et des exercices adaptés entretiennent mouvement et muscles sans imposer une douleur durable.
Un ergothérapeute, un kinésithérapeute ou un professionnel de la main peut apprendre les gestes de protection, proposer des aides techniques et ajuster les exercices. Une orthèse peut stabiliser la base du pouce pendant les activités douloureuses ou la nuit. Les modèles souples, rigides, préfabriqués ou sur mesure ne répondent pas au même besoin. Une attelle trop serrée peut comprimer la peau ou un nerf; une immobilisation continue non réévaluée peut favoriser la raideur. Son efficacité se juge sur la fonction et le confort, puis son usage est adapté.
Un anti-inflammatoire non stéroïdien local peut être envisagé pour une arthrose périphérique selon le profil. Un AINS oral expose à des risques digestifs, rénaux, cardiovasculaires et d’interactions; son choix doit tenir compte de l’âge, de la grossesse, des anticoagulants et des maladies associées. Il ne faut pas associer plusieurs anti-inflammatoires ni prolonger une automédication. Le paracétamol n’apporte pas un bénéfice important chez tous et ne doit pas masquer une cause inhabituelle.
La durée de l’effet est variable et l’injection ne guérit pas l’arthrose. Une injection n’est pas réalisée dans une zone suspecte d’infection.
Les produits présentés comme régénérant le cartilage, les compléments et les techniques non conventionnelles ne doivent pas retarder une évaluation lorsqu’un symptôme change ou que la main perd sa fonction. Une consultation chirurgicale devient pertinente lorsque la douleur et la perte de fonction restent importantes malgré un traitement non opératoire réellement essayé et adapté. Il n’existe pas de durée obligatoire identique pour tous ni de stade radiographique qui impose l’opération.
L’objectif principal de la chirurgie est le soulagement de la douleur et une pince utile, non la restitution d’un pouce identique à celui d’avant l’arthrose. Plusieurs interventions existent. La trapézectomie retire le trapèze douloureux. Elle peut être réalisée seule ou associée à une suspension, une ligamentoplastie ou une interposition tendineuse selon l’équipe et la situation.
L’ajout d’un geste tendineux n’est pas automatiquement supérieur pour chaque patient. Une arthrodèse bloque l’articulation pour supprimer le frottement; elle préserve une pince forte dans certaines indications, au prix d’une perte de mouvement et d’un risque de non-consolidation. D’autres gestes peuvent être proposés dans des formes précoces ou associées. Aucun nom d’opération ne constitue à lui seul une promesse de meilleur résultat.
Le chirurgien explique pourquoi une technique correspond à l’anatomie et aux priorités du patient, quelles alternatives restent possibles et quelle serait la stratégie en cas d’échec. L’intervention est souvent ambulatoire, sous anesthésie locorégionale ou générale selon le geste et le contexte. Après l’opération, un pansement, une attelle ou un plâtre protège la main. Les doigts non opérés sont mobilisés selon les consignes afin de limiter œdème et raideur. La durée d’immobilisation, le début des mouvements du pouce et le renforcement dépendent de la technique ; un calendrier trouvé en ligne ne remplace pas le protocole opératoire.
La cicatrice, la sensibilité et le gonflement évoluent pendant plusieurs semaines. La force de pince peut rester inférieure à celle d’une main sans arthrose. La reprise du travail dépend du côté opéré, du poste, du port de charges et de la possibilité d’adapter les gestes.
La conduite ne reprend que lorsque la protection est compatible, que la prise du volant et une manœuvre d’urgence sont sûres, que les médicaments n’altèrent pas la vigilance et que l’équipe l’autorise. Les risques chirurgicaux comprennent infection, hématome, retard de cicatrisation, raideur, douleur persistante, irritation ou lésion de petits nerfs cutanés, engourdissement, faiblesse, instabilité, syndrome douloureux régional complexe et nouvelle intervention. Une prothèse ajoute des risques d’usure, luxation ou descellement ; une arthrodèse peut ne pas consolider.
Une trapézectomie peut laisser une diminution de force ou un raccourcissement radiographique sans que cela corresponde nécessairement à un mauvais résultat clinique. Une complication rare ne doit pas être cachée, mais sa probabilité et ses conséquences doivent être expliquées dans le contexte individuel. Une douleur progressivement installée à la base du pouce n’est généralement pas une urgence. En revanche, après une chute, une déformation, une impossibilité d’utiliser le pouce, une douleur dans la tabatière anatomique ou un gonflement rapide justifie une évaluation pour fracture ou luxation.
Une articulation soudainement rouge, très chaude et gonflée avec fièvre nécessite un avis médical rapide. Une main froide, pâle ou bleue, une perte de sensibilité ou de force brutale, une plaie profonde ou un saignement non contrôlé impose le 15 ou le 112. Après une opération ou une infiltration, fièvre, pus, rougeur qui s’étend, douleur croissante ou doigt froid doivent être signalés sans attendre. Pour choisir un professionnel, la route patient doit d’abord conduire vers une consultation adaptée : médecin traitant, rhumatologue, médecin de médecine physique, chirurgien de la main ou professionnel de rééducation selon l’étape.
Une compétence d’annuaire ne prouve pas qu’un geste précis est proposé, ni qu’une chirurgie est indiquée. Les données locales devront conserver le couple praticien-lieu, distinguer les centres des personnes, afficher la source et la date des preuves et ne proposer un rendez-vous direct que pour le lieu réellement montré.
Elle atteint surtout l’articulation entre le trapèze et le premier métacarpien, à la base du pouce.
Elle se distingue d’une tendinite de De Quervain, d’un canal carpien, d’un doigt à ressaut ou d’une fracture.
La pince, les clés, les bocaux et la saisie d’objets déclenchent souvent douleur et faiblesse.
Une douleur nocturne, une déformation, une perte fonctionnelle ou un changement brutal mérite un examen.
L’examen clinique est central ; des radiographies précisent les articulations et la forme de l’arthrose.
Le degré radiographique ne correspond pas toujours à l’intensité de la douleur et ne dicte pas seul le traitement.
Protection articulaire, adaptation des tâches, exercices et orthèse sont individualisés pour préserver l’usage.
Les anti-inflammatoires et infiltrations ont des limites et des contre-indications ; ils ne restaurent pas le cartilage.
Elle se discute en cas de douleur et de handicap persistants malgré des options non opératoires adaptées.
Trapézectomie, prothèse et arthrodèse répondent à des situations différentes sans technique universellement meilleure.
Immobilisation, rééducation et reprise des gestes suivent le protocole propre à l’intervention.
L’amélioration se poursuit plusieurs mois ; la douleur peut diminuer sans que la force redevienne totalement normale.
Non. La rhizarthrose est une arthrose mécanique de la base du pouce ; une polyarthrite est une maladie inflammatoire qui peut toucher plusieurs articulations.
Non. L’indication dépend surtout de la douleur, de la gêne, de l’examen et de l’échec des traitements adaptés.
Pas forcément. Le type et la durée d’usage dépendent des gestes douloureux ; une utilisation continue non réévaluée peut raidir la main.
Non. Elle peut soulager temporairement une poussée, sans réparer le cartilage ni garantir d’éviter une chirurgie.
Aucune technique n’est meilleure pour tous. Le choix dépend des articulations atteintes, de l’os, du métier, des attentes et des risques.
La reprise est progressive. Beaucoup d’activités demandent plusieurs mois et l’amélioration peut continuer six à neuf mois ou davantage.
Une douleur chronique isolée l’est rarement. Traumatisme avec déformation, fièvre, articulation rouge ou déficit de circulation ou de sensibilité sont urgents.