Matthieu Joerger
allergologue 3 Boulevard du General Leclerc06240 Beausoleil Conventionné
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote ».
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Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Mesure de la fraction expirée du monoxyde d'azote ».
Guide médical
La FeNO est la fraction de monoxyde d’azote mesurée dans l’air expiré. Le résultat s’exprime en parties par milliard, ou ppb. Le monoxyde d’azote est produit naturellement dans les voies aériennes ; sa concentration peut augmenter lorsque certaines cellules immunitaires et médiateurs entretiennent une inflammation dite de type 2, souvent éosinophilique.
Cette situation est fréquente dans certains asthmes, mais pas dans tous. Le test ne mesure ni directement le calibre des bronches, ni la quantité d’air expirée, ni l’oxygène du sang. Il se distingue donc de la spirométrie, qui analyse volumes et débits, du test de réversibilité après bronchodilatateur, de la mesure du débit expiratoire de pointe et d’un test de provocation bronchique. Il ne remplace pas non plus l’interrogatoire, l’examen clinique ou la recherche d’un autre diagnostic.
La mesure peut être proposée lors d’une suspicion d’asthme, notamment devant toux, sifflements, oppression ou essoufflement variables. Elle peut aussi compléter le suivi d’un asthme connu lorsqu’il existe un doute sur l’inflammation, l’exposition allergénique, l’observance ou la réponse à un traitement. Sa place varie cependant selon les recommandations et les systèmes de soins.
Le test est simple, non invasif et n’utilise ni aiguille ni rayons X. Après une inspiration par un embout filtré, la personne souffle lentement, longtemps et de façon régulière dans un appareil. Un signal visuel ou sonore aide à maintenir le débit requis.
La mesure standard courante, notée FeNO50, utilise un débit expiratoire voisin de 50 millilitres par seconde ; la maîtrise du débit est importante car la concentration change si le souffle est trop rapide ou trop lent. Le dispositif peut demander plusieurs essais techniquement acceptables et reproductibles. Le souffle dure quelques secondes, souvent autour de dix secondes chez l’adulte, mais l’ensemble du test prend habituellement quelques minutes. La spirométrie ou d’autres explorations réalisées le même jour allongent le rendez-vous.
Le patient ne doit pas expirer brutalement comme dans une spirométrie: il cherche au contraire un débit stable. Un embout à usage individuel ou un filtre limite les contaminations selon l’appareil. Chez une personne incapable de soutenir le souffle, l’absence de résultat est un échec technique, pas une preuve médicale. La préparation doit suivre la convocation, car les protocoles diffèrent.
Un repas riche en nitrates, notamment certains légumes verts ou la betterave, une boisson, l’exercice, l’alcool et le tabac peuvent modifier la valeur à court terme. De nombreux centres demandent d’éviter repas copieux, aliments riches en nitrates, boissons chaudes, caféine, alcool, tabac et exercice pendant une durée précise avant l’examen. Il ne faut pas inventer une durée universelle : certaines consignes retiennent une heure, d’autres plusieurs heures pour l’alimentation. Une infection respiratoire récente, une exposition allergénique ou une rhinite active doit être signalée.
Les corticoïdes inhalés peuvent abaisser la FeNO et rendre le résultat plus souvent normal; cela fait partie de l’interprétation. Ne suspendez pourtant jamais un inhalateur, un bronchodilatateur ou un traitement de fond de votre propre initiative. Le service précise ce qui doit être poursuivi ou différé. Si vous êtes essoufflé et avez besoin de votre traitement de secours, utilisez-le conformément au plan d’action plutôt que de préserver artificiellement un test. La sécurité immédiate prime toujours sur la mesure. Le résultat est disponible aussitôt.
Il doit être lu avec l’âge, les symptômes, le traitement, les allergies, le tabagisme, la technique, l’appareil et les autres examens. Une valeur élevée suggère davantage une inflammation de type 2, mais peut aussi accompagner rhinite allergique, exposition à un allergène ou autre contexte atopique. Une valeur basse rend cette composante moins probable sans éliminer l’asthme. L’American Thoracic Society a historiquement proposé, chez l’adulte, des zones inférieure à 25 ppb, intermédiaire de 25 à 50 ppb et supérieure à 50 ppb, avec des repères plus bas chez l’enfant. Elle demandait déjà d’interpréter la zone intermédiaire avec prudence.
Le référentiel britannique de 2024 retient 50 ppb ou plus chez l’adulte et 35 ppb ou plus chez l’enfant de 5 à 16 ans comme éléments diagnostiques dans une histoire clinique évocatrice.
Un chiffre n’est donc ni une note de gravité, ni un pourcentage d’asthme, ni une mesure directe de l’obstruction. Une FeNO très élevée n’indique pas à elle seule une crise imminente. Lorsque les symptômes et la FeNO ne concordent pas, le médecin vérifie d’abord diagnostic, technique, prise réelle du traitement, manière d’utiliser l’inhalateur, exposition aux allergènes et comorbidités.
Une valeur basse avec symptômes importants oriente vers une mauvaise obstruction non inflammatoire, un asthme de type différent, une dysfonction laryngée, une maladie cardiaque, un reflux, une anémie, une anxiété, une autre maladie pulmonaire ou un problème de technique; cette liste ne permet pas l’autodiagnostic.
Les mesures répétées sont plus utiles lorsqu’elles sont réalisées dans des conditions comparables, avec le même appareil si possible, et interprétées comme une trajectoire plutôt qu’une suite de seuils. Le test en lui-même provoque rarement autre chose qu’une fatigue, une toux ou un étourdissement bref lié aux manœuvres respiratoires. Il ne déclenche habituellement pas de bronchospasme comme un test de provocation. Une personne très symptomatique ne doit toutefois pas être retardée par la mesure.
Lors d'une crise d'asthme, une difficulté à parler, une respiration très rapide, un creusement entre les côtes, des lèvres bleues, une confusion, un épuisement marqué, un malaise important, un débit de pointe dans la zone d'alerte du plan personnel ou une absence d'amélioration avec le traitement de secours prévu peuvent signaler une crise grave : suivez votre plan et appelez le 15 ou le 112. Chez l'enfant en crise, une somnolence inhabituelle, des pauses respiratoires, l'impossibilité de boire à cause de l'essoufflement ou une agitation importante renforcent l'urgence. Le résultat FeNO ne doit jamais rassurer face à ces signes. Pour choisir un lieu, recherchez une structure capable de réaliser le test selon un protocole standardisé et surtout de l’intégrer à un bilan respiratoire.
La compétence pertinente peut être celle d’un pneumologue, d’un pédiatre ou d’une équipe d’explorations fonctionnelles respiratoires ; certaines structures de soins primaires équipées le proposent aussi. Une fiche mentionnant « asthme » ne prouve pas que le dispositif FeNO est disponible à l’adresse affichée.
Elle quantifie en ppb le monoxyde d’azote expiré, marqueur indirect d’une inflammation de type 2 des voies aériennes.
Elle ne mesure ni l’obstruction bronchique, ni l’oxygène, et ne remplace pas la spirométrie.
Après une inspiration filtrée, le patient souffle lentement et régulièrement à débit contrôlé pendant quelques secondes.
Plusieurs essais peuvent être nécessaires ; l’échec technique ne constitue pas un résultat médical.
Repas riches en nitrates, exercice, tabac, boissons et infection récente peuvent modifier la valeur ; la convocation précise les délais.
Les seuils varient avec l’âge et le référentiel ; une zone haute soutient une inflammation de type 2 sans diagnostiquer seule l’asthme.
Le dispositif, l’atopie, le traitement et la trajectoire individuelle comptent autant qu’une valeur isolée.
Un résultat bas n’exclut pas l’asthme et un résultat haut ne mesure pas la gravité immédiate d’une crise.
Non.
Pas toujours, mais repas, aliments riches en nitrates et boissons peuvent influencer le test. Suivez le délai indiqué par le centre.
Uniquement si le service l’a explicitement demandé. Ne suspendez jamais seul un traitement de l’asthme.
Le souffle dure quelques secondes et le test environ cinq minutes, hors autres explorations respiratoires.
Non. Elle soutient une inflammation compatible dans le bon contexte, mais le diagnostic associe histoire, examen et tests objectifs.
Les autres examens restent nécessaires.
Pas automatiquement.