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Perte sanguine peropératoire : définition, estimation et enjeux

La perte sanguine peropératoire désigne le sang perdu pendant une intervention chirurgicale. [1] Son volume est généralement évalué sous la forme d’une perte sanguine estimée, consignée dans le dossier médical par les équipes chirurgicale et anesthésique. [1] Cette estimation contribue aux décisions concernant notamment l’apport de liquides et la transfusion, mais aucune méthode ne mesure parfaitement la quantité de sang perdue dans toutes les situations. [1]

Pourquoi la quantité de sang perdue est-elle importante ?

Une perte sanguine estimée plus importante et le recours à une transfusion pendant l’intervention sont associés à une augmentation de la morbidité et de la mortalité après l’opération. [1] Une perte importante qui n’est pas reconnue peut diminuer l’apport d’oxygène aux tissus et entraîner un dysfonctionnement des organes. [1] À l’inverse, surestimer la perte peut conduire à administrer inutilement des produits sanguins. [1] Les complications possibles d’une transfusion comprennent notamment les réactions hémolytiques ou allergiques, la surcharge circulatoire, l’atteinte pulmonaire aiguë liée à la transfusion, la transmission d’une infection et la sensibilisation immunitaire. [1]

Comment la perte sanguine est-elle estimée au bloc opératoire ?

La méthode conventionnelle repose sur l’observation du sang présent sur les compresses, les champs opératoires, les surfaces et dans les récipients d’aspiration. [1] Cette appréciation visuelle reste la méthode la plus utilisée malgré ses imprécisions connues. [1] La couleur et le degré d’imprégnation des compresses, ainsi que la présence de liquides d’irrigation, peuvent modifier l’estimation. [1] Dans les récipients d’aspiration, le sang est souvent mélangé à d’autres liquides, dont le volume n’est pas toujours connu avec précision. [1]

La méthode gravimétrique consiste à peser un matériau absorbant avant et après son utilisation pour estimer la quantité de liquide recueillie. [1] Sa précision diminue si les compresses contiennent aussi une solution d’irrigation, du liquide amniotique, de la bile ou d’autres fluides. [1] Des méthodes colorimétriques associent des images numériques et des algorithmes pour mesurer la masse d’hémoglobine présente sur certains supports opératoires. [1] Des formules peuvent également estimer la perte à partir de l’évolution de l’hémoglobine ou de l’hématocrite, mais leur résultat dépend notamment de la dilution du sang par les liquides administrés. [1]

Pourquoi le chiffre annoncé reste-t-il une estimation ?

La technique optimale dépend du contexte clinique et il n’existe pas de méthode de référence unique reconnue comme un étalon pour toutes les opérations. [1] Lors d’une hémorragie massive, une partie du sang peut se répandre hors des dispositifs de recueil, ce qui complique davantage sa quantification. [1] En chirurgie cardiaque, les liquides utilisés pour la circulation extracorporelle et la cardioplégie peuvent modifier la concentration du sang et compliquer l’interprétation de l’hématocrite. [1] Pendant un accouchement ou une césarienne, le mélange du sang avec le liquide amniotique, les urines ou d’autres liquides rend également l’estimation difficile. [1]

Comment les équipes évaluent-elles la nécessité de compenser la perte ?

La quantité de sang estimée n’est pas le seul élément utilisé pour guider l’apport de liquides ou la transfusion. [1] L’évaluation peut aussi intégrer la pression artérielle, le débit urinaire, les tendances métaboliques comme le lactate et des mesures de la fonction cardiovasculaire. [1] La décision de transfuser dépend du contexte clinique et des caractéristiques propres au patient, et ne repose donc pas sur un seuil identique dans toutes les situations. [1] L’objectif est de préserver le transport et l’apport d’oxygène aux organes tout en limitant les effets indésirables liés à la transfusion. [1]

Sources et références

[1] Estimating surgical blood loss: A review of current strategies in various clinical settings

www.ebi.ac.uk · Version : 2024-12-16 · Consulté le 2026-09-16

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Spécialités médicales concernées

Chirurgie générale et proctologie
Chirurgien viscéral et digestifOption : endoscopie chirurgicale
Anesthésiste-réanimateur