NIMODIPINE
NIMODIPINE : l'essentiel à retenir
La nimodipine appartient à la famille des inhibiteurs calciques (classe ATC C08CA06), plus précisément aux antagonistes du calcium de type dihydropyridine. Ce médicament est spécialement indiqué pour prévenir les complications neurologiques graves qui peuvent survenir après une hémorragie sous-arachnoïdienne d'origine anévrismale (rupture d'un anévrisme cérébral). On la trouve principalement sous le nom commercial NIMOTOP, disponible en comprimés pour l'usage oral et en solution injectable pour l'usage hospitalier. Il s'agit d'un médicament sur ordonnance obligatoire, remboursé à 65% par l'Assurance Maladie.
Indications thérapeutiques
La nimodipine est indiquée pour la prévention des déficits neurologiques ischémiques sévères consécutifs à une hémorragie sous-arachnoïdienne d'origine anévrismale.
En termes simples, ce médicament est utilisé après la rupture d'un anévrisme dans le cerveau (hémorragie sous-arachnoïdienne) pour éviter que des zones du cerveau ne souffrent d'un manque d'oxygène, ce qui pourrait entraîner des séquelles neurologiques permanentes comme des paralysies ou des troubles cognitifs.
La forme orale (comprimés NIMOTOP 30 mg) est la plus couramment utilisée pour le traitement en sortie d'hospitalisation. La forme injectable est réservée à l'usage hospitalier en phase aiguë.
Points de sécurité essentiels
⚠️ Surveillance de la tension artérielle obligatoire : La nimodipine peut provoquer une baisse importante de la pression artérielle. Une surveillance particulière s'impose si la tension systolique est inférieure à 100 mmHg.
⚠️ Patients cardiaques à risque : Chez les patients souffrant d'angor instable ou ayant eu un infarctus du myocarde dans les 4 semaines précédentes, le bénéfice-risque doit être soigneusement évalué par le médecin.
⚠️ Ne jamais associer avec : - La rifampicine (antibiotique antituberculeux) - Les antiépileptiques comme le phénobarbital, la phénytoïne ou la carbamazépine - Le jus de pamplemousse (interaction possible)
⚠️ Populations à risque particulier : - Personnes âgées (effets plus prononcés) - Insuffisance hépatique sévère (risque d'accumulation) - Insuffisance rénale sévère (surveillance renforcée nécessaire)
⚠️ Conduite à tenir en cas de surdosage : En cas de baisse importante de la tension, de troubles du rythme cardiaque ou de nausées importantes, contacter immédiatement un médecin ou le 15.
Comment ce médicament est-il utilisé ?
Formes pharmaceutiques disponibles
- Comprimés pelliculés 30 mg : pour la voie orale (usage courant)
- Solution injectable 10 mg/50 ml : pour la voie intraveineuse ou intracisternale (usage hospitalier uniquement)
Voie orale (traitement de référence)
Posologie standard : La posologie usuelle est de 2 comprimés toutes les 4 heures, soit 6 prises par jour (360 mg au total par jour).
Durée de traitement : Le traitement doit être poursuivi pendant 3 semaines selon les recommandations habituelles.
Début du traitement : L'administration doit commencer le plus rapidement possible après l'hémorragie sous-arachnoïdienne.
Mode d'administration : Les comprimés doivent être avalés avec un peu d'eau. Éviter impérativement le jus de pamplemousse.
Voie injectable (usage hospitalier uniquement)
Cette voie d'administration est exclusivement réservée au milieu hospitalier et utilisée dans les situations où la voie orale n'est pas possible (patient inconscient, troubles de déglutition). La posologie et les modalités d'administration sont déterminées par l'équipe médicale hospitalière.
Ajustements posologiques
Sujets âgés : Les effets de la nimodipine peuvent être plus prononcés. Une surveillance clinique accrue est nécessaire et une réduction de dose peut être envisagée.
Insuffisance hépatique : En cas d'altération importante de la fonction hépatique, une diminution de la posologie est recommandée, voire un arrêt du traitement si nécessaire.
Insuffisance rénale sévère : Une surveillance clinique renforcée et une réduction des doses peuvent être nécessaires.
Population pédiatrique : L'efficacité et la tolérance chez les patients de moins de 18 ans n'ont pas été étudiées.
Noms commerciaux et présentations
La nimodipine est disponible sous la marque NIMOTOP, commercialisée par le LABORATOIRE XO.
| Nom commercial | Forme | Dosage | Prix TTC | Remboursement |
|---|---|---|---|---|
| NIMOTOP | Comprimés pelliculés | 30 mg (plaquette de 90) | 42,75 € | 65% |
| NIMOTOP | Solution injectable | 10 mg/50 ml | Usage hospitalier | Remboursé |
Générique disponible : Il existe un groupe générique pour la forme injectable (groupe 1766), mais pas de générique commercialisé actuellement pour la forme orale.
Statut réglementaire : Médicament sur liste I nécessitant une ordonnance obligatoire. La forme injectable est réservée à l'usage hospitalier.
Effets indésirables possibles
Peu fréquents (entre 1 cas sur 100 et 1 cas sur 1 000)
- Système nerveux : Maux de tête
- Système cardiovasculaire : Hypotension (baisse de tension), vasodilatation (rougeurs, bouffées de chaleur, transpiration), tachycardie (accélération du rythme cardiaque)
- Système digestif : Nausées
Rares (entre 1 cas sur 1 000 et 1 cas sur 10 000)
- Système cardiovasculaire : Bradycardie (ralentissement du rythme cardiaque)
- Système digestif : Iléus (arrêt du transit intestinal)
Fréquence indéterminée
- Sang : Diminution du nombre de plaquettes (thrombopénie)
- Système immunitaire : Réactions allergiques, éruptions cutanées
- Foie : Augmentation transitoire des enzymes hépatiques
- Système respiratoire : Hypoxie (manque d'oxygène)
Note importante : Certains inhibiteurs calciques peuvent exceptionnellement provoquer des troubles du mouvement (syndrome extrapyramidal), bien que cela soit très rare avec la nimodipine.
Contre-indications et précautions
Situations où ce médicament NE DOIT PAS être utilisé
- Allergie à la nimodipine ou à l'un des composants du médicament
- Traitement en cours par la rifampicine (antibiotique antituberculeux)
- Traitement par certains antiépileptiques : phénobarbital, phénytoïne, carbamazépine
Précautions particulières
Surveillance cardiovasculaire : Une surveillance clinique et électrocardiographique attentive est nécessaire chez les patients présentant une insuffisance cardiaque évoluée ou des troubles de la conduction cardiaque.
Hypertension intracrânienne : Une surveillance étroite est requise en cas d'augmentation de la pression à l'intérieur du crâne ou d'œdème cérébral.
Conduite et utilisation de machines : La nimodipine peut provoquer des vertiges et une baisse de tension. La prudence est recommandée lors de la conduite de véhicules ou l'utilisation de machines.
Grossesse et allaitement
Grossesse
Il n'existe pas d'études appropriées chez la femme enceinte. Par mesure de prudence, il est préférable d'éviter l'utilisation de la nimodipine pendant la grossesse, quel qu'en soit le terme. Si l'administration doit être envisagée, les bénéfices attendus et les risques potentiels doivent être soigneusement évalués par le médecin au regard de la sévérité de la situation clinique.
Allaitement
La nimodipine et ses produits de dégradation passent dans le lait maternel dans des concentrations comparables à celles du sang maternel. L'allaitement est donc déconseillé pendant le traitement par la nimodipine.
Fertilité
Dans de rares cas de fécondation in vitro, des anomalies réversibles de la fonction des spermatozoïdes ont été associées à l'utilisation d'inhibiteurs calciques, mais la pertinence clinique lors de traitements courts reste inconnue.
Consulter impérativement un médecin avant toute prise pendant la grossesse ou l'allaitement.
Interactions médicamenteuses
Associations contre-indiquées (ne jamais associer)
Rifampicine : Cet antibiotique diminue considérablement l'efficacité de la nimodipine en accélérant son élimination.
Antiépileptiques inducteurs (phénobarbital, phénytoïne, carbamazépine) : Ces médicaments réduisent nettement l'absorption de la nimodipine administrée par voie orale.
Associations déconseillées
Dantrolène en perfusion : Risque de troubles du rythme cardiaque graves.
Précautions d'emploi (surveillance nécessaire)
Antibiotiques macrolides (érythromycine) : Peuvent augmenter les concentrations de nimodipine. Surveillance de la tension artérielle recommandée.
Antifongiques azolés (kétoconazole, itraconazole) : Risque d'augmentation des effets indésirables par diminution de l'élimination de la nimodipine.
Inhibiteurs de la protéase du VIH (ritonavir) : Peuvent augmenter significativement les concentrations de nimodipine.
Fluoxétine : Augmentation d'environ 50% des concentrations de nimodipine.
Cimétidine : Peut augmenter les concentrations de nimodipine.
Interactions alimentaires
Jus de pamplemousse : À éviter impérativement car il augmente l'absorption de la nimodipine et prolonge ses effets jusqu'à 4 jours après la dernière consommation.
Autres médicaments nécessitant une surveillance
Médicaments abaissant la tension : Risque d'hypotension majorée avec les antihypertenseurs, bêta-bloquants, diurétiques, antidépresseurs, neuroleptiques.
Évaluation par la HAS
La spécialité NIMOTOP 30 mg comprimé pelliculé (laboratoire XO) a fait l'objet d'une évaluation par la Haute Autorité de Santé :
- Indication évaluée : Prévention des déficits neurologiques ischémiques sévères consécutifs à une hémorragie sous-arachnoïdienne d'origine anévrismale
- Service Médical Rendu (SMR) : Important
- Justification : "Le service médical rendu par NIMOTOP 30 mg (nimodipine), comprimé pelliculé est important dans l'indication de l'AMM."
- ASMR : V (pas d'amélioration du service médical rendu)
- Justification ASMR : "Cette spécialité est un complément de gamme qui n'apporte pas d'amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport aux présentations déjà inscrites."
- Référence : Dossier CT-20555
Spécialités contenant NIMODIPINE
| Nom commercial | Forme | Laboratoire | Type |
|---|---|---|---|
| NIMOTOP 30 mg, comprimé pelliculé | comprimé pelliculé | LABORATOIRE XO | Princeps |
| NIMOTOP 10 mg/50 ml, solution injectable pour perfusion | solution injectable pour perfusion | LABORATOIRE XO | Princeps |
Questions Fréquentes
La nimodipine est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?
Oui, NIMOTOP 30 mg comprimés est remboursé à 65% par l'Assurance Maladie. Le prix de la boîte de 90 comprimés est de 42,75 €.
Peut-on prendre de la nimodipine pendant la grossesse ?
Il est préférable d'éviter la nimodipine pendant la grossesse par mesure de prudence. Seul un médecin peut évaluer le bénéfice-risque dans une situation particulière.
Existe-t-il des génériques de la nimodipine ?
Actuellement, il n'existe pas de générique commercialisé pour la forme orale (comprimés). Un groupe générique existe pour la forme injectable hospitalière.
Combien de temps dure un traitement par nimodipine ?
La durée habituelle de traitement est de 3 semaines, en commençant le plus rapidement possible après l'hémorragie sous-arachnoïdienne.
La nimodipine nécessite-t-elle une ordonnance ?
Oui, la nimodipine est un médicament sur liste I nécessitant obligatoirement une ordonnance médicale.
Peut-on conduire sous traitement par nimodipine ?
La prudence est recommandée car la nimodipine peut provoquer des vertiges et une baisse de tension. Il convient d'évaluer sa réaction au traitement avant de conduire.
Que faire en cas d'oubli d'une prise ?
En cas d'oubli, prendre la dose dès que possible. Si l'heure de la prise suivante est proche, ne pas doubler la dose.
Sources et mentions légales
Sources :
- RCP officiel, Base de Données Publique des Médicaments (BDPM) — ANSM
- Consulter la fiche BDPM
Les informations de cette page sont issues de la Base de Données Publique des Médicaments (BDPM) de l'ANSM, mise à disposition sous licence Etalab 2.0.
Dernière mise à jour : 2026-02-13
Avertissement : Cette page est fournie à titre informatif uniquement. Elle ne remplace en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé (médecin, pharmacien). Consultez toujours un professionnel de santé avant de prendre, modifier ou arrêter un traitement médicamenteux.