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NÉVIRAPINE ANHYDRE

11 spécialités orale 2 formes À partir de 42.11 € (selon spécialité) Remboursement variable

NÉVIRAPINE ANHYDRE : l'essentiel à retenir {#essentiel}

La névirapine anhydre est un médicament antirétroviral de la famille des inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse (INNTI), classé dans le groupe thérapeutique J05AG01. Elle est utilisée exclusivement dans le traitement de l'infection par le VIH-1, toujours en association avec d'autres médicaments antirétroviraux. En France, elle est commercialisée sous les noms VIRAMUNE (princeps) et ses génériques comme NEVIRAPINE SANDOZ, principalement sous forme de comprimés à libération prolongée. Ce médicament nécessite une prescription hospitalière et est remboursé à 100% par la Sécurité sociale.

Indications thérapeutiques {#indications}

La névirapine anhydre est indiquée, en association à d'autres médicaments antirétroviraux, pour le traitement des patients infectés par le VIH-1 :

  • Adultes : traitement de l'infection par le VIH-1 en combinaison avec d'autres antirétroviraux
  • Adolescents et enfants de 3 ans et plus : traitement de l'infection par le VIH-1, à condition qu'ils soient capables d'avaler des comprimés

Important : La névirapine ne doit jamais être utilisée seule. Elle doit obligatoirement être associée à au moins deux autres agents antirétroviraux pour éviter le développement de résistances virales.

Les comprimés à libération prolongée ne sont pas adaptés à la période d'initiation du traitement chez les patients débutant la névirapine. D'autres formulations (comprimés à libération immédiate ou suspension buvable) doivent être utilisées pour cette phase.

Points de sécurité essentiels {#securite}

⚠️ ALERTES IMPORTANTES

  • Dose maximale : Ne jamais dépasser 400 mg par jour. La prise d'une dose supérieure augmente le risque d'éruptions cutanées graves et d'hépatotoxicité.

  • Période critique : Les 18 premières semaines de traitement nécessitent une surveillance médicale stricte en raison du risque d'éruptions cutanées sévères et d'hépatite grave.

  • Ne jamais arrêter brutalement : Tout arrêt de traitement de plus de 7 jours nécessite de reprendre la période d'initiation de 14 jours avec la forme à libération immédiate.

  • Populations à risque majeur :

  • Femmes avec un taux de CD4 > 250 cellules/mm³ et charge virale détectable
  • Hommes avec un taux de CD4 > 400 cellules/mm³ et charge virale détectable
  • Patients avec insuffisance hépatique

  • Signes d'alerte : Consulter immédiatement en cas de :

  • Éruption cutanée avec fièvre, malaise général
  • Jaunisse, douleurs abdominales intenses
  • Nausées persistantes, fatigue extrême

  • Contraceptifs oraux : La névirapine diminue l'efficacité des contraceptifs hormonaux. Utiliser une contraception mécanique supplémentaire.

Comment ce médicament est-il utilisé ? {#posologie}

Formes pharmaceutiques disponibles

La névirapine anhydre existe principalement sous forme orale : - Comprimés à libération prolongée (73% des spécialités) : 400 mg et 100 mg - Comprimés à libération immédiate (27% des spécialités) : 200 mg

Voie orale (prescription hospitalière)

Adultes - Initiation de traitement

Phase d'initiation obligatoire (14 premiers jours) : - Névirapine à libération immédiate 200 mg une fois par jour pendant 14 jours - Cette phase réduit le risque d'éruptions cutanées

Phase d'entretien (après 14 jours) : - Névirapine à libération prolongée 400 mg une fois par jour - Toujours en association avec au moins 2 autres antirétroviraux

Patients déjà sous névirapine à libération immédiate

  • Passage direct à la forme à libération prolongée 400 mg une fois par jour
  • Pas de période d'initiation nécessaire

Population pédiatrique (3 ans et plus)

La névirapine à libération prolongée 400 mg peut être utilisée chez l'enfant si : - ≥ 8 ans et poids ≥ 43,8 kg OU - < 8 ans et poids ≥ 25 kg OU
- Surface corporelle ≥ 1,17 m² (formule de Mosteller)

Pour les autres enfants, utiliser les formulations adaptées (50-100 mg).

Ajustements posologiques

Insuffisance rénale : - Patients avec CLcr ≥ 20 ml/min : pas d'adaptation - Patients dialysés : dose supplémentaire de 200 mg après chaque dialyse (forme à libération immédiate uniquement)

Insuffisance hépatique : - Insuffisance légère à modérée : pas d'adaptation (surveillance renforcée) - Insuffisance sévère (Child-Pugh C) : contre-indiquée

Mode d'administration : - Prendre avec une boisson - Avec ou sans nourriture - Avaler le comprimé entier, ne pas croquer ni écraser

Noms commerciaux et présentations {#noms-commerciaux}

Spécialités disponibles

Nom commercial Forme Dosage Prix TTC Remboursement
VIRAMUNE Comprimé LP 400 mg (30 cp) 92,15 € 100%
VIRAMUNE Comprimé 200 mg (60 cp) 101,41 € 100%
NEVIRAPINE SANDOZ LP Comprimé LP 400 mg (30 cp) 42,11 € 100%
NEVIRAPINE SANDOZ Comprimé 200 mg (60 cp) 101,41 € 100%
NEVIRAPINE CRISTERS LP Comprimé LP 400 mg (30 cp) 42,11 € 100%
NEVIRAPINE TEVA LP Comprimé LP 400 mg (30 cp) 42,11 € 100%

Générique disponible : Oui, plusieurs laboratoires proposent des versions génériques (SANDOZ, CRISTERS, TEVA, ARROW, VIATRIS) avec un prix significativement inférieur au princeps VIRAMUNE (laboratoire BOEHRINGER INGELHEIM).

Statut réglementaire : Prescription hospitalière initiale annuelle, médicament de liste I, renouvellement possible par tout médecin.

Effets indésirables possibles {#effets-indesirables}

Effets indésirables fréquents (≥ 1/100 à < 1/10)

Période d'initiation : - Éruption cutanée (6,7% des patients) - Céphalées - Douleurs abdominales, nausées, diarrhées - Fatigue, fièvre

Période d'entretien : - Hépatite (1,6% des patients - surveillance nécessaire) - Éruption cutanée (5,7% des patients) - Troubles digestifs (nausées, vomissements, douleurs abdominales) - Anomalies des tests hépatiques - Céphalées, fatigue

Effets indésirables peu fréquents (≥ 1/1 000 à < 1/100)

  • Réactions d'hypersensibilité (angiœdème, urticaire)
  • Anémie, diminution des globules blancs
  • Syndrome de Stevens-Johnson/syndrome de Lyell (0,2-0,6% - potentiellement mortel)
  • Hépatite fulminante
  • Jaunisse
  • Douleurs articulaires et musculaires

Effets rares mais graves

  • Syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse : éruption + fièvre + atteinte d'organes
  • Hépatotoxicité sévère : pouvant nécessiter une transplantation hépatique
  • Rhabdomyolyse : destruction musculaire associée aux atteintes cutanées/hépatiques

Surveillance particulière : Les 18 premières semaines nécessitent un suivi médical rapproché avec contrôles biologiques réguliers.

Contre-indications et précautions {#contre-indications}

Contre-indications absolues

  • Allergie connue à la névirapine ou à un excipient
  • Insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh classe C)
  • Taux d'enzymes hépatiques (ASAT/ALAT) > 5 fois la normale avant traitement
  • Antécédent de réaction grave à la névirapine (éruption sévère, hépatite)
  • Association avec le millepertuis (Hypericum perforatum)

Précautions importantes

Surveillance hépatique obligatoire : - Bilan hépatique avant traitement - Contrôle toutes les 2 semaines pendant 2 mois - Puis au 3ème mois et régulièrement ensuite

Populations nécessitant une vigilance accrue : - Femmes (risque hépatique 3 fois plus élevé) - Co-infection hépatite B ou C - Antécédent de maladie hépatique - Taux de CD4 élevés (voir seuils de sécurité)

Conduite de véhicules : Possible, mais prudence en cas de fatigue ou de troubles neuropsychiques.

Grossesse et allaitement {#grossesse-allaitement}

Grossesse

Données disponibles : Les études chez l'animal n'ont pas montré d'effet tératogène. Chez l'humain, les données sont limitées mais ne suggèrent pas d'augmentation du risque malformatif.

Précautions particulières : Le risque d'hépatotoxicité étant plus élevé chez les femmes, une surveillance renforcée est nécessaire pendant la grossesse, particulièrement si le taux de CD4 > 250 cellules/mm³.

Fertilité : Les études animales suggèrent une possible altération de la fertilité.

Allaitement

Recommandation officielle : L'allaitement est déconseillé chez les femmes séropositives pour éviter la transmission du VIH à l'enfant.

Passage dans le lait : La névirapine passe dans le lait maternel.

Consultation obligatoire : Toute femme enceinte ou allaitante doit consulter son médecin avant toute prise ou modification de traitement antirétroviral.

Interactions médicamenteuses {#interactions}

Associations contre-indiquées

  • Millepertuis (Hypericum perforatum) : diminution importante des concentrations de névirapine
  • Autres INNTI : efavirenz, étravirine, rilpivirine (toxicité accrue sans bénéfice)

Associations déconseillées

  • Kétoconazole : diminution de 72% de l'exposition au kétoconazole
  • Rifampicine : diminution de 58% des concentrations de névirapine
  • Atazanavir/ritonavir : efficacité diminuée
  • Fosamprénavir seul (sans ritonavir)

Ajustements posologiques nécessaires

  • Lopinavir/ritonavir : augmenter la dose à 533/133 mg deux fois par jour
  • Warfarine : surveillance étroite de la coagulation
  • Méthadone : surveillance du syndrome de sevrage, adaptation posologique possible

Interactions importantes

  • Contraceptifs hormonaux : efficacité diminuée (utiliser une contraception mécanique additionnelle)
  • Clarithromycine : diminution d'efficacité, préférer l'azithromycine
  • Fluconazole : doublement des concentrations de névirapine (surveillance renforcée)

Évaluation par la HAS {#evaluation-has}

La spécialité VIRAMUNE (comprimés à libération prolongée 400 mg et 100 mg) du laboratoire BOEHRINGER INGELHEIM a fait l'objet d'une évaluation par la Haute Autorité de Santé :

  • Indication évaluée : Traitement de l'infection par le VIH-1 en association
  • Service Médical Rendu (SMR) : Important
  • Justification : "Le service médical rendu par VIRAMUNE reste important dans l'indication de l'AMM"
  • ASMR : V (pas d'amélioration du service médical rendu)
  • Justification ASMR : "Malgré la simplification du schéma d'administration, les données d'efficacité et de tolérance ne permettent pas de considérer un progrès thérapeutique. VIRAMUNE LP constitue un complément de gamme"
  • Référence : Dossier CT n°14837

Cette évaluation confirme l'intérêt thérapeutique de la névirapine dans le traitement du VIH-1, tout en précisant que la forme à libération prolongée représente une facilité d'administration plutôt qu'un progrès thérapeutique majeur.

FAQ {#faq}

La névirapine anhydre est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Oui, la névirapine anhydre est remboursée à 100% par l'Assurance Maladie dans le cadre du traitement de l'infection

Spécialités contenant NÉVIRAPINE ANHYDRE

Nom commercial Forme Laboratoire Type
NEVIRAPINE SANDOZ LP 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée SANDOZ Princeps
NEVIRAPINE ACCORD LP 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée ACCORD HEALTHCARE FRANCE Princeps
NEVIRAPINE ARROW LP 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée ARROW GENERIQUES Princeps
NEVIRAPINE CRISTERS LP 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée CRISTERS Princeps
NEVIRAPINE SANDOZ 200 mg, comprimé comprimé SANDOZ Princeps
NEVIRAPINE TEVA LP 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée TEVA SANTE Princeps
NEVIRAPINE VIATRIS 200 mg, comprimé comprimé VIATRIS SANTE Princeps
NEVIRAPINE VIATRIS L.P. 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée VIATRIS SANTE Princeps
VIRAMUNE 100 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée BOEHRINGER INGELHEIM INTERNATIONAL Princeps
VIRAMUNE 200 mg, comprimé comprimé BOEHRINGER INGELHEIM INTERNATIONAL Princeps
VIRAMUNE 400 mg, comprimé à libération prolongée comprimé à libération prolongée BOEHRINGER INGELHEIM INTERNATIONAL Princeps

Sources et mentions légales

Sources :

Les informations de cette page sont issues de la Base de Données Publique des Médicaments (BDPM) de l'ANSM, mise à disposition sous licence Etalab 2.0.

Dernière mise à jour : 2026-02-13

Avertissement : Cette page est fournie à titre informatif uniquement. Elle ne remplace en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé (médecin, pharmacien). Consultez toujours un professionnel de santé avant de prendre, modifier ou arrêter un traitement médicamenteux.