CHLORHYDRATE DE NALOXONE ANHYDRE
L'essentiel à retenir
Le chlorhydrate de naloxone anhydre est un médicament appartenant à la classe thérapeutique des antidotes spécifiques (code ATC V03AB15). Il s'agit d'un antagoniste des récepteurs morphiniques utilisé principalement pour traiter les intoxications aux opiacés et les dépressions respiratoires causées par les morphinomimétiques. En France, cette substance active est commercialisée sous le nom NALOXONE VIATRIS par le laboratoire Viatris Santé. Ce médicament est classé sur la liste I et nécessite une ordonnance médicale, étant remboursé par la Sécurité sociale dans le cadre hospitalier.
Indications thérapeutiques
Le chlorhydrate de naloxone anhydre est indiqué dans quatre situations médicales spécifiques :
1. En anesthésie : pour traiter les difficultés respiratoires qui peuvent survenir après une opération chirurgicale lorsque des médicaments de type morphine ont été utilisés pour soulager la douleur.
2. En diagnostic médical : pour aider les médecins à identifier la cause d'un coma lorsqu'une intoxication par des substances opiacées est suspectée.
3. En urgence toxicologique : pour traiter les empoisonnements causés par des drogues ou médicaments de la famille de la morphine (héroïne, morphine, codéine, etc.).
4. En addictologie : pour vérifier qu'une personne anciennement dépendante aux opiacés n'en consomme plus, avant de débuter un traitement de sevrage de longue durée.
Important : Cette substance active existe uniquement sous forme injectable et est réservée à l'usage hospitalier ou médical spécialisé. Elle n'est pas disponible pour l'automédication.
Points de sécurité essentiels
⚠️ Usage hospitalier exclusif : Ce médicament est uniquement administré par des professionnels de santé dans un environnement médical surveillé.
⚠️ Risque de syndrome de sevrage : Chez les personnes dépendantes aux opiacés, l'administration peut provoquer un sevrage brutal avec des symptômes graves (agitation, vomissements, crampes).
⚠️ Surveillance respiratoire obligatoire : La durée d'action de la naloxone étant courte (30 minutes), une surveillance continue est nécessaire pour éviter le retour de la dépression respiratoire.
⚠️ Patients cardiaques : L'administration doit être très prudente chez les personnes ayant des problèmes cardiaques, car elle peut provoquer une hausse brutale de la tension artérielle.
⚠️ Doses progressives : L'administration se fait toujours par doses croissantes pour éviter une réversion trop brutale des effets opiacés.
⚠️ Signes d'alerte : En cas d'hypertension artérielle soudaine, d'œdème pulmonaire ou de symptômes de sevrage sévères, l'administration doit être immédiatement réévaluée.
Comment ce médicament est-il utilisé ?
Formes pharmaceutiques disponibles
La substance active n'existe que sous une seule forme pharmaceutique : - Solution injectable : 0,4 mg/1 ml en ampoules (usage hospitalier uniquement)
Voie intraveineuse (usage hospitalier exclusivement)
En anesthésie
- Posologie standard : 1 à 2 microgrammes par kilogramme de poids corporel
- Méthode pratique : dilution d'1 ampoule dans 9 ml de sérum physiologique
- Administrations répétées : doses identiques toutes les quelques minutes si nécessaire
- Perfusion continue : possible pour prolonger l'effet
En réanimation - Diagnostic de coma
- Protocole initial : 1 ampoule (0,4 mg) toutes les 5 minutes, 3 fois consécutives
- Doses majorées : jusqu'à 10 mg total si pas d'amélioration
- Interprétation : absence de réponse = intoxication non morphinique
En réanimation - Traitement des intoxications
- Dose initiale : 0,4 à 2 mg en intraveineux
- Administration progressive : par paliers de 0,1 mg jusqu'à normalisation respiratoire
- Renouvellement : toutes les 2-3 minutes si amélioration insuffisante
- Perfusion possible : 2 mg (5 ampoules) dans 500 ml de soluté, stable 24 heures
Test de non-dépendance (usage spécialisé)
- 1ère injection : 0,2 mg en intraveineux
- 2ème injection : 0,6 mg après 2-3 minutes si absence de réaction
- 3ème injection : 1,6 mg en cas de doute persistant
- Surveillance : 30 minutes minimum pour détecter les signes de sevrage
Voies alternatives si nécessaire
Si la voie intraveineuse n'est pas accessible, l'administration peut se faire par voie intramusculaire ou sous-cutanée, toujours sous surveillance médicale stricte.
Noms commerciaux et présentations
Le chlorhydrate de naloxone anhydre est disponible en France sous un seul nom commercial :
| Nom commercial | Forme | Dosage | Laboratoire | Remboursement |
|---|---|---|---|---|
| NALOXONE VIATRIS | Solution injectable | 0,4 mg/1 ml | VIATRIS SANTE | Oui |
Présentation disponible : - 10 ampoules en verre de 1 ml
Statut : Il n'existe pas de générique de cette spécialité, NALOXONE VIATRIS étant la seule spécialité commercialisée en France pour cette substance active. Le médicament est remboursé par la Sécurité sociale dans le cadre hospitalier et nécessite une ordonnance (liste I).
Effets indésirables possibles
Les effets indésirables de la naloxone sont généralement liés à une administration trop rapide ou à des doses trop importantes, particulièrement chez des patients ayant reçu des morphinomimétiques.
Effets indésirables liés au surdosage
- Frissons
- Hyperventilation (respiration accélérée)
- Vomissements
- Agitation
- Anxiété
Ces effets correspondent à une réversion trop brutale des effets morphiniques et peuvent être évités par une administration progressive.
Effets indésirables cardiovasculaires (à fortes doses)
- Hypertension artérielle (tension élevée)
- Œdème pulmonaire (accumulation de liquide dans les poumons)
Ces effets graves ont été rapportés principalement chez des patients ayant des antécédents cardiovasculaires ou recevant d'autres médicaments affectant le système cardiovasculaire.
En cas de syndrome de sevrage
Chez les patients dépendants aux opiacés, l'administration peut déclencher un syndrome de sevrage avec : - Larmoiement - Écoulement nasal - Bâillements - Crampes abdominales - Nausées ou vomissements - Chair de poule - Dilatation des pupilles
Contre-indications et précautions
Contre-indications absolues
- Allergie connue à la naloxone ou à l'un des composants du médicament
Précautions particulières
Patients à risque cardiovasculaire
L'administration doit être particulièrement prudente chez les patients ayant : - Des maladies cardiaques graves - Des antécédents d'hypertension - Des troubles du rythme cardiaque
La réversion brutale des effets morphiniques peut provoquer une montée tensionnelle et une accélération du rythme cardiaque.
Surveillance obligatoire
- Durée : jusqu'à élimination complète du risque de retour des symptômes
- Paramètres à surveiller : fréquence respiratoire, ventilation, taux de CO2, diamètre des pupilles
- Perfusion : recommandée pour prolonger l'effet si nécessaire
Patients dépendants aux opiacés
- Administration par doses progressives obligatoire
- Surveillance du syndrome de sevrage
- Test de dépendance uniquement après période d'arrêt suffisante (5-7 jours pour l'héroïne, au moins 10 jours pour la méthadone)
Conduite et utilisation de machines
Bien que la naloxone elle-même n'altère pas la vigilance, les situations nécessitant son usage (intoxication, anesthésie) contre-indiquent temporairement la conduite de véhicules.
Grossesse et allaitement
Grossesse
Les études réalisées chez l'animal n'ont pas mis en évidence d'effet néfaste sur le développement du fœtus (absence d'effet tératogène). Cependant, les données chez la femme enceinte sont limitées.
Recommandation : Par mesure de précaution, la naloxone ne doit être administrée aux femmes enceintes qu'en cas de nécessité absolue, c'est-à-dire lorsque le bénéfice pour la mère justifie le risque potentiel pour l'enfant à naître.
Allaitement
Le RCP ne fournit pas d'informations spécifiques concernant le passage de la naloxone dans le lait maternel.
Recommandation : En raison de l'usage hospitalier ponctuel de ce médicament dans des situations d'urgence, la décision doit être prise au cas par cas par l'équipe médicale.
Important : Dans tous les cas, l'usage de la naloxone se fait dans un contexte médical d'urgence où la balance bénéfice-risque est évaluée par les professionnels de santé.
Interactions médicamenteuses
Interactions avec l'alcool
Association déconseillée
- Consommation d'alcool : L'alcool majore l'effet sédatif des substances morphiniques. En cas d'intoxication mixte (opiacés + alcool), la situation est plus complexe car la naloxone ne contre pas les effets de l'alcool.
- Recommandation : Éviter absolument la prise de boissons alcoolisées ou de médicaments contenant de l'alcool.
Associations à prendre en compte
Barbituriques
- Risque : Dépression respiratoire majorée, potentiellement fatale en cas de surdosage
- Contexte : La naloxone ne contre que les effets des opiacés, pas ceux des barbituriques
Benzodiazépines et apparentés
- Risque : Dépression respiratoire majorée, potentiellement fatale en cas de surdosage
- Contexte : Les benzodiazépines nécessitent un antidote spécifique (flumazénil), différent de la naloxone
Médicaments sédatifs (interactions indirectes)
Bien que la naloxone ne présente pas d'interactions directes, il faut considérer que les patients peuvent avoir pris simultanément : - Neuroleptiques - Antidépresseurs sédatifs - Antihistaminiques sédatifs - Antihypertenseurs centraux - Baclofène - Thalidomide
Important : En cas d'intoxication multiple, la naloxone ne traite que la composante opiacée. Les autres substances nécessitent une prise en charge spécifique.
Questions Fréquentes
La naloxone est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?
Oui, NALOXONE VIATRIS est remboursée par la Sécurité sociale dans le cadre hospitalier. Le taux de remboursement n'est pas spécifié dans les données disponibles, mais le médicament est pris en charge dans les établissements de santé.
Peut-on acheter de la naloxone en pharmacie sans ordonnance ?
Non, la naloxone est un médicament de la liste I qui nécessite obligatoirement une ordonnance médicale. De plus, sa forme injectable est exclusivement réservée à l'usage hospitalier ou médical spécialisé.
Combien de temps dure l'effet de la naloxone ?
L'effet de la naloxone dure environ 30 minutes après injection intraveineuse. Cette durée relativement courte explique pourquoi une surveillance médicale prolongée est nécessaire, car les effets des opiacés peuvent réapparaître.
La naloxone peut-elle être utilisée chez les enfants ?
Oui, selon le RCP, la naloxone peut être utilisée chez les enfants de plus de 3 ans. La posologie est adaptée au poids corporel (1 à 2 microgrammes par kilogramme). L'usage reste exclusivement hospitalier.
Que se passe-t-il si on administre de la naloxone à quelqu'un qui n'a pas pris d'opiacés ?
Si la personne n'a pas d'opiacés dans l'organisme, la naloxone n'aura aucun effet particulier car elle n'agit que sur les récepteurs occupés par les morphinomimétiques. C'est d'ailleurs le principe du test diagnostique utilisé en cas de coma d'origine inconnue.
Existe-t-il des génériques de NALOXONE VIATRIS ?
Non, il n'existe actuellement pas de générique de NALOXONE VIATRIS en France. VIATRIS SANTE commercialise la seule spécialité disponible contenant du chlorhydrate de naloxone anhydre.
La naloxone peut-elle être utilisée en cas d'overdose d'héroïne ?
Oui, c'est l'une des indications principales de la naloxone. Elle est très efficace pour traiter les intoxications aux opiacés illicites comme l'héroïne. L'administration doit se faire
Sources et mentions légales
Sources :
- RCP officiel, Base de Données Publique des Médicaments (BDPM) — ANSM
- Consulter la fiche BDPM
Les informations de cette page sont issues de la Base de Données Publique des Médicaments (BDPM) de l'ANSM, mise à disposition sous licence Etalab 2.0.
Dernière mise à jour : 2026-02-13
Avertissement : Cette page est fournie à titre informatif uniquement. Elle ne remplace en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé (médecin, pharmacien). Consultez toujours un professionnel de santé avant de prendre, modifier ou arrêter un traitement médicamenteux.