Chaloppe Anaick
psychologue 161 AV DE SAXE69003 Lyon
Référencé pour ce parcours à partir des données professionnelles. Libellé enregistré : « Entretien motivationnel ».
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Guide médical
L’entretien motivationnel est une manière structurée de conduire une conversation de soin lorsqu’une personne hésite face à un changement : réduire l’alcool ou le tabac, prendre un traitement, modifier une alimentation, reprendre une activité, entrer dans un parcours d’addictologie ou protéger sa santé. Il est centré sur la personne et orienté vers un objectif défini avec elle.
Le professionnel n’essaie pas de gagner un débat. Il écoute, reformule, met en lumière les écarts entre objectifs et situation actuelle, explore les raisons de changer et celles de ne pas changer, puis soutient l’autonomie et le sentiment d’efficacité. L’ambivalence n’est pas assimilée à un manque de volonté.
Le modèle des « stades du changement » est historiquement voisin mais ne fait pas partie de la méthode elle-même. Une séance commence souvent par l’accord sur le sujet à aborder. Le professionnel pose des questions ouvertes, valorise les efforts, pratique l’écoute réflexive et résume. Il demande la permission avant de donner une information ou un conseil, vérifie ce que la personne en comprend et évite les confrontations humiliantes. Il peut proposer une échelle de confiance ou d’importance, examiner une expérience passée, faire émerger un discours de changement puis, si la personne est prête, transformer ce discours en objectif concret.
Si elle ne l’est pas, la séance peut se conclure sans plan imposé. Respecter l’autonomie ne signifie pas taire un danger : le professionnel donne une information claire, évalue la sécurité et oriente si nécessaire. La méthode peut être utilisée par différents professionnels de santé dans le cadre de leurs compétences — médecins, infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes, diététiciens — à condition d’être formés. Elle ne crée pas une nouvelle profession et n’autorise pas à dépasser son champ d’exercice. Un entretien sur l’observance ne permet pas à un intervenant non prescripteur de modifier un traitement.
L’efficacité varie selon le problème, la qualité de mise en œuvre et le comparateur.
La revue Cochrane 2023 sur alcool et drogues conclut que l’entretien motivationnel peut réduire la consommation par rapport à l’absence d’intervention à court terme, mais que l’effet est souvent faible ou incertain et qu’il peut faire peu ou pas de différence par rapport aux soins habituels ou à une autre intervention active. Les études sont hétérogènes et la certitude des preuves va de modérée à très faible. Pour l’arrêt du tabac, une revue Cochrane 2019 n’a pas permis de conclure solidement à un avantage. Il est donc incorrect de promettre un taux de réussite général ou d’affirmer que « la motivation suffit ».
La fidélité à la méthode, la répétition, l’accès aux traitements efficaces et l’environnement comptent.
Pour le tabac, l’entretien peut accompagner les substituts nicotiniques ou autres aides ; il ne les rend pas inutiles. Pour une maladie chronique, il peut faciliter une décision mais ne doit pas culpabiliser la personne si la glycémie, le poids, la douleur ou la tension ne s’améliore pas. Avant un rendez-vous, vous pouvez réfléchir au comportement concerné, à ce qu’il vous apporte, à ce qu’il vous coûte, à vos tentatives précédentes et à la marge de changement acceptable. Vous n’avez pas à arriver « motivé ». Vous pouvez refuser le sujet, demander pourquoi il est abordé et choisir un autre objectif.
Un bon entretien ne se reconnaît pas à la quantité de conseils mais au fait que vous avez pu parler sans jugement, compris les options et pris une décision éclairée. La méthode n’est pas un interrogatoire destiné à obtenir l’adhésion à une décision déjà prise. Elle ne remplace pas le consentement éclairé et n’est pas adaptée pour obtenir un accord sous contrainte.
Dans certaines situations judiciaires ou professionnelles, les limites de confidentialité et le caractère obligatoire doivent être annoncés. Les proches peuvent participer avec l’accord de la personne, sans parler à sa place. Après une séance, le plan éventuel devrait rester réaliste : un objectif, des étapes, les obstacles prévisibles, les aides et une date de réévaluation. Une rechute ou un écart apporte une information et ne prouve pas l’échec moral. Le professionnel réévalue aussi si la méthode convient.
Dépression sévère, manie, psychose, troubles cognitifs, violence, précarité ou douleur non contrôlée peuvent nécessiter d’autres interventions prioritaires ou simultanées. En cas d’idées suicidaires ou de danger immédiat, l’entretien motivationnel n’est pas la réponse principale : contactez le 3114, le 15 ou le 112 selon l’urgence. Cette page décrit une méthode de soin, ne certifie aucun intervenant et reste non publiée jusqu’à la décision binaire du psychiatre relecteur.
Il aide à explorer une ambivalence devant un changement de santé et à faire émerger les raisons personnelles d’agir, sans confrontation ni injonction.
Il peut accompagner addictions, maladies chroniques, activité, alimentation ou prise de traitement, mais son objectif doit être choisi avec la personne.
Questions ouvertes, valorisations, écoute réflexive et résumés structurent l’échange. Les informations sont données avec permission et vérification de leur compréhension.
Un plan concret n’est construit que si la personne est prête. L’absence de décision immédiate n’autorise ni pression ni culpabilisation.
L’entretien motivationnel est récurrent et demande souvent vingt à trente minutes dédiées.
Les deux nécessitent formation, cadre professionnel et respect de l’autonomie. Une simple phrase de conseil n’est pas automatiquement un entretien motivationnel.
Les effets varient. Dans les addictions, certaines comparaisons avec aucune intervention sont favorables, mais l’avantage sur des soins actifs est souvent faible ou absent.
Hétérogénéité des études et fidélité variable à la méthode interdisent un taux de réussite universel ou une promesse de changement.
Plusieurs professionnels de santé formés peuvent l’utiliser dans leur champ de compétences.
La méthode ne donne pas le droit de diagnostiquer, prescrire ou modifier un traitement en dehors des compétences légales du professionnel.
Non. La méthode est précisément conçue pour explorer l’ambivalence. Vous pouvez ne pas décider immédiatement et conserver votre autonomie.
Il n’existe pas de nombre universel.
C’est une méthode de communication clinique qui peut être intégrée à différents soins. Elle ne remplace pas automatiquement une psychothérapie structurée lorsqu’elle est indiquée.
Les preuves ne permettent pas de garantir un bénéfice propre. L’entretien peut accompagner les traitements et soutiens validés sans s’y substituer.
Oui dans un repérage et un parcours adaptés.
Il annonce son titre, sa formation, ses tarifs, respecte vos choix, ne promet pas de résultat et travaille dans les limites de sa profession.
Demandez l’objectif, exprimez votre refus et sollicitez un autre avis. L’entretien motivationnel ne doit pas servir à obtenir un consentement sous pression.